Archive for juillet 2010

Adam, Bryan, Remy

juillet 30, 2010

Désolée, désolée, pas d’article depuis quelques jours… J’étais plus ou moins occupée à bronzer, nager et manger des grillades comme si ma vie en dépendait. C’est un travail intense, un rude labeur, un combat de tout les instants: trouver la bonne crique, mettre la crème solaire, entrer dans l’eau (fraiche l’eau), ne pas se noyer, sortir de l’eau, remettre la crème solaire… Je suis épuisée. Vous souvenez vous du temps ou vous n’alliez pas à la plage en bande mais en meute? Vos premières vacances de grands, sans les parents, les couples qui se font et se défonts, les jolies filles un peu prétentieuses qui sortent de l’eau comme dans les publicités Ushuaia? Et bien c’est un peu ce que j’ai ressenti en observant Adam et sa bande de loin. Adam, à gauche sur la photo n’est pas seulement le seul noir de la plage comme me l’ont fait remarquer ses copains en rigolant, c’est surtout un étudiant en 1ère année de STAPS qui  a peur des papillons, et des guèpes.  Notre petit entretien sera d’ailleurs interrompu à deux reprises par un grand bond en arrière et des moulinets de bras pour chasser les intrus. Adam et ses potes ont une semaine pour profiter de Leucate. Il nous livre sa playlist de l’été: Dim Chris http://www.youtube.com/watch?v=Huyf7tGRPUE / Biggie Small (ça c’est cool) http://www.youtube.com/watch?v=OsT8FaZnzdE / Section d’assault http://www.youtube.com/watch?v=KY1dMgFC9kE . Ses copines se moquent un peu de moi, persuadée que j’ai trouvé là une bonne technique de séduction. L’une d’entre elle refuse d’être sur la photo, bon, je ne lui avait pas demandé à vrai dire (ah les reines du lycée n’ont pas changé). Il est temps de les laisser à leur monde. Peace me dit Adam. Merci Adam!

Ps: Après une semaine de torpeur sudiste, me voilà à nouveau plongée dans l’ivresse Parisienne, j’ai deux jours pour déménager et 12h00 de voiture pour arriver à Berlin…

Véronique

juillet 25, 2010

J’aime cette photo, parce que de prime abord elle parait ratée. Le sujet est un peu flou et la mise au point est faite sur les paquets de cigarettes en arrière plan. Pourtant, par le plus grand des hasards, la photo illustre parfaitement l’entretien que j’ai eu avec Véronique. Cela fait maintenant 9 ans que Véronique et son mari tiennent le tabac presse de Leucate Plage. 5 mois par an, Véronique vend de la crème solaire, des ballons, des cigarettes mais aussi des cartes postales, des piles, Le Monde, des maillots de bains, des cendriers portables et tout ce qui réjouit le vacancier en goguette. Le reste du temps, ils parcourent le monde main dans la main. Ce mode de vie la rend heureuse, elle se sent libre. Lorsque j’ai parlé de mon envie de faire mes portraits même en vacances, mes amis de Leucate m’ont tout de suite dit "va voir le couple qui tient le tabac presse, ils ont énormément de choses à raconter". En réalité, Véronique tente de répondre à mes questions sans réussir à s’empêcher de jeter un oeil à son mari et ses clients, comme pressée de les retrouver. Le tabac n’est pas plein mais on sent chez Véronique le soucis d’être là. Elle s’excuse, regarde son mari, se demande si elle ne devrait pas retourner l’aider, me sourit, me glisse quand même le nom de leur prochaine destination, la Birmanie, et me laisse un message pour les Leucatois: "Dites leur que je les aimes, et que sans eux, on ne pourrait pas réaliser nos rêves" Satisfaite je repars quand j’entend "Et la photo?" Ah oui la photo! Soucieuse de la laisser retourner à sa clientèle, je vais vite, trop vite, la photo est floue. Tant mieux, car plus qu’elle même, Véronique a voulu représenter son commerce, incontournable détour avant la plage! Merci Véronique!

Abou Baker

juillet 21, 2010

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Madame Mendès

juillet 20, 2010

En 1939, Simone Mendès est en Alsace avec ses parents et son grand père pour rendre visite à une tante. Sur un pont, son grand père apperçoit "un tas de boches, armés jusqu’au dents, ni une ni deux, mon grand père, un grand homme, a décidé de rentrer et d’acheter une maison loin des usines". Depuis plus de 60 ans maintenant, Madame Mendès habite à côté de chez mes parents. C’est notre voisine, celle qu’on évite un peu parce qu’elle parle beaucoup, du passé, des autres, de son chien. Et puis quand on voit les camions de déménagements arriver on a envie de pousser la porte et de se laisser happer une dernière fois par celle qui a enduré en silence nos fêtes, nos jeux dans le jardin, nos disputes avec nos parents, notre musique à fond dès qu’ils ont le dos tourné. On se dit qu’elle nous a vu avec des looks pas possible, dans des états pas possible, elle qui n’a pas trop bougé. En fait on se trompe lourdement, on croit que parce qu’une personne vieillit elle ne change plus et qu’ il ne lui arrive plus rien. Et bien en 7 ans passé loin du foyer parental, Mme Mendès a perdu son mari, son chien, a failli mourrir dans une explosion de gaz et surtout, surtout, Mme Mendès a enfin décidé de vider sa maison et de partir rejoindre son fils et petits fils dans le nord. Il faut dire que feu le mari de Mme Mendès était atteint d’un véritable toc, il ne pouvait rien jeter. Quand je dis rien c’est rien, la grande maison et le jardin sont envahis d’un fourbi indescriptible. Si bien que la mairie refuse de s’en charger et que Mme Mendès va devoir payer très cher pour se débarasser de tout ces décombres. Il y a par exemple 80 boites de film kodak, des cartons et des cartons de journeaux, 50 boites remplies de courriers et de factures datant de 1920 à nos jours, d’innombrables meubles, ferrailles et cartons, une collection d’échelle, des matelas par dizaine… La maison elle même est dans un état pas possible. Ce qui est drôle dans tout ça c’est que Mme Mendès tient toujours à nous expliquer qu’elle est une jeune fille de bonne famille, que ses parents doivent se retourner dans leur tombe aujourd’hui et que tout est de la faute de son mari et de cette stupide manie de ne rien jeter. Il faisait même semblant de partir à la décharge et revenait remettre les objets dans la nuit! Maintenant de nouveaux voisins vont venir, sans doute obsédés par la netteté de leur pelouse, l’éclat de leur porche, et la couleur de leur volet. Alors je garde une jolie pensée pour Mme Mendès, son chien bouba, ses lunettes funky! Merci Mme Mendès et bon courage pour la suite!

Eli

juillet 19, 2010

Eli a KROI ans avec KROI doigts. Avant, il avait deux ans avec deux doigts. Son frère, lui, a cinq ans avec cinq doigts. Ne lui posez pas d’autres questions. Eli, tel Kant qui distinguait illimation du temps et infinité, est un philosophe des dates d’anniversaire. Aujourd’hui il va à la Tour Eiffel avec ses parents et son grand frère de cinq ans et cinq doigts. Il ne montera pas forcément tout en haut parce que ça fait peur quand même. Mais bientôt il ira à l’école comme Taho son frère qui a déjà eu un anniversaire une fois lui aussi. D’ailleurs Taho vient me voir et me demande pourquoi je pose toutes ces questions à son petit frère. Je lui explique comme je le ferais avec n’importe qui (je déteste le langage purée avec les enfants) Dubitatif il jette un regard consterné à sa mère l’air de dire "mais enfin pourquoi laisses tu cette étrangère parler ainsi à un membre de notre famille". Le métro arrive à la station Bir Hakeim, nous descendons ensemble et finissons l’entretien sur le quai. Entre Eli qui me regarde avec un petit air ahuri accentué par ses lunettes qui au passage sont les meilleures lunettes pour enfants que j’ai jamais vues, et Taho qui continue de me regarder d’un air perplexe je sens qu’il est temps de sortir mon appareil photo. C’est compter sans le dépliant de l’exposition des dinosaures visitée ce matin même. Eli et Taho se mettent à parler en même temps, très vite, leur timidité totalement oubliée, ils me montrent le tricératops qu’ils ont vu grandeur nature, et le tyrannosaure qui fait RRRRRRRRRRRRR avec des griffes KCHHHIIII. Fidèles admirateurs du jurassique, ils ne voient pas le temps passer, pourtant il faut partir, l’ascension de la tour eiffel est imminente. Merci Eli! Merci Taho!

Françoise

juillet 16, 2010

Au premier abord, Françoise m’a prise pour une témoin de Jéhovah. Quand je lui ai expliqué mon projet son visage s’est tout de suite ouvert, il faut dire qu’elle en a assez de se faire aborder pour la convaincre de baptiser sa petite Luce de 3 mois! Originaire du Tarn et maman de 2 enfants, elle est venue à Paris il y a 10 ans maintenant et déménage à Lyon la semaine prochaine. Alors ces derniers temps, surtout sur la ligne 6, elle se souvient en regardant par la fenêtre du chemin parcouru. Aujourd’hui graphiste, elle me raconte comme elle dessinait sur des carnets de ticket de métro quand elle était encore en école d’art. Fascinée par les autres, son regard pouvait être un peu intrusif mais jamais malveillant. Lorsqu’on habite un peu loin du centre de Paris il faut toujours compter au moins une bonne demie heure de trajet. Françoise se rend compte que porter un bébé en écharpe dans le métro attire les regards et ouvre le dialogue. A la vue de la petite Luce, les gens d’ordinaire un peu fermés se mettent à parler et sourire. C’est vrai qu’autour de nous, je vois beaucoup de regards attendris sur ce petit être profondément endormi. Aujourd’hui Françoise rentre chez elle, après sa dernière séance de rééducation du périnée. Son congé maternité se termine la semaine prochaine, et c’est pour elle la fin d’une belle aventure. En effet, Francoise a mené sa grossesse dans une maison de naissance, bénéficiant d’un suivi global pour un accouchement non médicalisé. Il s’agit d’accoucher de la manière la plus naturelle possible, dans la position qui vous met le plus à l’aise. Je ne peux pas m’empêcher de contracter le ventre et de lui demander à moitié horrifiée "Mais ça douille non??" Ah oui ça douille, mais c’est une très belle aventure, ou le papa et la sage femme jouent un rôle important. C’est un moment très fort qui dépasse largement la douleur. (Moi je suis sûre qu’à la première contraction je beuglerais pour une bonne vieille péridurale, enfin j’en suis pas là non plus). La maison de naissance s’appelle CALM pour Comme A La Maison et c’est un projet monté par 4 sages femmes de la maternité des Bluets dans le 12ème. Françoise le conseille à toutes les mamans qui veulent accoucher autrement que sur un lit d’hôpital. Merci Françoise!

Razanandrabe

juillet 15, 2010

Lorsque je lui demande son prénom, Razanandrabe me sort tout de suite une carte de visite, habituée qu’on lui fasse répéter 20 fois avant de comprendre. Coquette, Razanandrabe qui vient de faire les soldes est assez mortifiée d’être prise en photo pile le jour où, dans l’attente de son shampoing, elle a planqué ses cheveux sous son bandana. Mais cela ne fait rien, le jeu l’amuse et la change de l’insécurité ambiante qui règne dans les transports, surtout la nuit. Ne lui demandez pas pour autant de devenir partisane du tout sécuritaire. Depuis quelques années, elle voit les effectifs de la police gonfler sans que cela change quoique ce soit. Fière et indépendante, cela ne l’empêche pas de prendre les transports tous les jours, même tard le soir. Autrefois garde malade, Razanandrabe est aujourd’hui à la retraite. Ses enfants et petits enfants sont grands maintenant, elle a donc du temps pour elle. Elle compte profiter de ce temps libre et de ses petites économies pour voyager. Si sa santé le lui permet, elle partira dans son pays d’origine, Madagascar, au bord de la mer, pour une durée minimum de 3 mois. Elle a une maison à Diego Suarez (http://www.office-tourisme-diego-suarez.com/). A l’entendre me parler de la baie, du port, des fleurs, j’oublie soudain que nous sommes dans le RER A par une après midi de canicule et je refléchis au meilleur moyen de me faire adopter! Alors pour conclure, Razanandrabe nous invite à visiter son pays, et à voyager encore et toujours! Merci Razanandrabe, j’ai complètement oublié de vous demander votre âge, mais est ce si important au fond?

Pascal

juillet 13, 2010

Derrière sa vitre, devant son micro, Pascal renseigne, conseille et vend des titres de transports aux voyageurs du RER A. Cela fait maintenant 19 ans que Pascal travaille pour la RATP. Il a commencé à 21 ans dans les ateliers de dépôt de bus en tant qu’ouvrier spécialisé. Il se souvient des lieux, immenses, et des machinistes, impressionnants de force et de précision "surtout quand ils se garent tous au millimètre près!" Aujourd’hui il ravaille au guichet, heureux de pouvoir encore faire de la vente quand autour de lui les gars sont remplacés par des machines. Avec son co-équipier ils alternent chaque semaine entre l’ouverture et la fermeture. Le mois de juillet est calme dans cette gare de banlieue, alors le soir Pascal a pu regarder les matchs, fier de son pays, le Portugal, et content  que l’Espagne ait gagné dimanche soir. Les locaux sont bien différents de ce que l’on peut voir côté station. Derrière les vitres, une cuisine, un petit salon, une multitude d’écrans, Pascal reconnait volontier aimer ses conditions de travail, sauf quand il ouvre la station et doit se réveiller à 3h30 du matin! Sa femme aussi travaille à la RATP, ensemble ils ont eu 2 enfants, qui sait s’ils ne rejoindront pas l’entreprise familiale! Elle a la même amplitude horaire que lui alors ils se retrouvent l’après midi. Ce qui plait à Pascal outre les clients, c’est de pouvoir prendre ses jours de congés en semaine. Passionné de VTT il peut alors foncer à toute vitesse dans la forêt de Fontainebleau avec ses collègues. Je lui suggère de monter une team RATP mais apparement il n’y en a que pour le foot. Pendant que nous parlons, de drôles de voyageurs viennent aux guichets, souvent perdus, ils s’étonnent des prix et l’un d’eux tente même de marchander un aller pour pantin. Patient, souriant, Pascal n’en oublie pas pour autant la touche off de son micro pour pouvoir se moquer un peu avec son collègue! S’ il n’avait pas été à la RATP Pascal aurait été flic. Aujourd’hui il se dit soulagé d’avoir fait le bon choix et conseille aux jeunes qui recherchent sécurité de l’emploi, stabilité et bonne ambiance d’équipe de venir le rejoindre. Merci Pascal!

Stéphane

juillet 12, 2010

Avant de partir je pensais revenir avec plein de nouveaux portraits: l’inconnu à la plage, l’inconnu du château de sable, l’inconnu mange du far aux pruneaux etc etc. Sauf que j’avais oublié le rythme d’une colonie de vacances. 20 maternelles c’est 20 petits individus de 4 à 6 ans qu’il faut surveiller, nourrir, laver, habiller, amuser, gronder, câliner, tartiner de crème, endormir, réveiller, égorger, pendre, le tout de 7h à 21h. Autant vous dire que si vous arrivez à faire pipi et à reprendre votre souffle c’est qu’il est 22h00 passées et que personne n’a perdu son doudou. Aussi, j’ai quelques merveilleux portraits d’anémones de mer (oui marie dinkle a fait de la pêche à pied avec une épuisette s’il vous plait) mais je doute que cela vous intéresse. Quant aux enfants, j’attends les autorisations parentales.

Heureusement pour moi nous avons pris le bateau pour nous rendre de Dinard à St Malo et voilà comment je suis passée pour une grosse touriste inculte pendant toute une traversée. Stéphane a 36 ans. Originaire d’Erquy  (Erge-ar-Mor en breton)  une commune du département des Côtes-d’Armor, il est pêcheur à l’année et capitaine de bateau l’été. Pour gouverner un bateau il ne suffit pas, comme je le pensais, nouille que je suis, d’avoir un permis bateau. Lui a un brevet de marine marchande. Ce n’est pas non plus parce qu’il est pêcheur qu’il possède son bateau de pêche. Nous essayons tant bien que mal de tenir une conversation mais Stéphane est concentré sur sa traversée et moi sur Anis, 5 ans, qui s’amuse à agiter sa casquette par dessus bord. Du coup perturbée par les agissements du dit Anis, je commets l’irréparable: "euh sinon vous aimez conduire Le Corsica?" Erreur fatale, le bateau s’appelle "Le petit Corsaire" et confondre la Bretagne avec la Corse c’est comme confondre Paris et Marseille. Regard impuissant de Stéphane, regard amusé de Benoît, copilote et mécanicien du bateau qui nous conseille de venir respirer en Bretagne, de la Cancale à Erquy! Ah les parisiens! Merci Stéphane, pardon Stéphane!

David

juillet 4, 2010

Nostalgique des anciennes photos? Voici David 18 mois visiblement très amoureux de mon stylo 4 couleurs, maître dans l’art du tortillement fatal et de la fugue dans le métro, un vocabulaire riche, un discours pertinent. David sait dire "Merci, papa et maman". Dans la vie de tous les jours, il joue à la maison, ouvre et ferme fièrement les portes  et tente de taper sa petite soeur en douce. Très fier de sa progéniture mais tout à fait conscient qu’il a à faire à des sacrés coquins, le papa de David me montre des photos de sa fille sur son téléphone. Mais David préfère qu’on s’intéresse à lui et sa tétine. C’est assez rare que quelqu’un vous fixe pendant 5 minutes sans sourire et sans parler. Si ça vous arrive avec un adulte vous avez tendance à imaginer le pire scénario ou a vérifiez discrètement la présence d’un possible brin de persil entre vos incisives. Avec un bébé comme David ça devient très drôle alors qu’il a peut être envie de me tuer? Figurez vous que David n’a pas de message à faire passer. Il est en train de tirer sur mon stylo, ce que j’écris ne ressemble à rien. Merci David!


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