Archive for septembre 2010

Philippe

septembre 29, 2010

Quand j’ai vu Philippe, je me suis dit "ha, le voilà mon passager en costard cravate, mon chef d’entreprise bien sérieux, un poil coincé, qui va me parler de l’inflation sans faire le même lapsus que Rachida Dati". Les préjugés, encore eux. Philippe c’est le méchant dans Tintin, sans blague, quand il rit c’est toute la rame qui flippe. Il pousse des cris aussi "HAAAA MAIS JE SUIS DANS LES SERVICES SECRETS MOI!!!" "VOUS NE M’AUREZ PAS!" Il prend même les gens à partie "hein mademoiselle que tout le monde doit avoir ses petits secrets?" Et moi caricaturale comme pas deux, je commençais vraiment à croire que j’allais finir par entendre "il faut trouver la voie". Non j’exagère un peu pour l’article mais Philippe est tout simplement très drôle. C’est un consultant de 50 ans, qui habite Nogent sur Marne et tout ce qu’on s’est raconté, un jour, il l’écrira dans "un de mes livres". Philippe habite en France depuis 30 ans mais cette fois c’est décidé il rentre en Chine "mais enfin mademoiselle hein, la Chine, c’est le Far Est, hahahaha LE FAR EST vous avez compris??" (oui Philippe, ne me tuez pas s’il vous plait). La Chine selon lui c’est l’eldorado, là bas on est vraiment dans un partage de richesse. Je lui ai bien parlé des droits de l’homme mais il a rigolé et du coup la demoiselle en face est partie très vite. Philippe prend souvent le métro et ce qui l’amuse c’est de voir les gens qui font la manche se disputer les places pour mendier dans les rames, il trouve que c’est un spectacle absurde. Dans 30 minutes il sera devant un bon pho, une soupe de nouille vietnamienne qu’il part manger à Belleville. Philippe n’a pas voulu prendre la photo dans le train, il a voulu la prendre devant l’affiche du dernier film de Woody Allen. Sinon le train ça fait "trop clochard". On avait l’air fin tout les deux, lui en train de prendre des poses pas possibles devant l’affiche et moi en train de lui dire que "non, Philippe je ne vais pas vous prendre de pied ça ne rend rien, laissez moi faireuuuh". Pour finir cet entretien épique, Philippe nous recommande vraiment chaudement de le rejoindre en Chine… Merci Philippe!

Ps: J’ai écrit cet article à toute vitesse, je suis en pause, si vous avez aussi été un jour victime de la séance de torture qu’est la conférence en amphi, envoyez vos dons pour la recherche: jedorsenamphimaiscroyezmoijeluttedetoutesmeforces.com

Spiderman Junior

septembre 27, 2010

J’ai une éthique les gars, je ne dévoile pas l’identité d’un super héros comme ça, comptez pas sur moi pour l’excly… La seule chose que vous saurez c’est que Spiderman junior est équipé pour la pluie mieux que quiconque. Dès les premières gouttes, il dégaine son costume spécial intempérie. Comme il est en civil, il garde son jean et s’entraîne discrètement au lancer de toile d’araignée, comme ici sur la photo. Spiderman junior prend le métro comme tout le monde, pour ne pas se faire remarquer.  Seulement, tout les enfants hurlent sur son passage, normal ils veulent eux aussi devenir des super héros. Mais son costume a été fabriqué et ramené des phillipines, aucune chance de le trouver à des prix aussi compétitifs ici, oui madame je vous ai vu soudoyer le papa de spiderman junior, c’est mal quand bien même votre fille est violette à force de s’époumoner qu’elle veeeeuuuut le mêêêêmeuuuuh. N’est pas spiderman qui veut oh! NON MAIS VOUS TROUVEZ PAS QUE C’EST PAS JUSTE D’ETRE GRAND??? Merci Spiderman Junior!

Jean

septembre 26, 2010

Je repère Jean sur le quai du RER A à Champigny.  Il pleut des cordes et son écharpe orange tranche dans la morosité ambiante. Si vous prenez le RER un dimanche soir de pluie vous voyez sans doute de quoi je parle. Jean éteint délicatement sa cigarette ultra fine et, en entrant dans la rame, me propose de m’asseoir: "asseyez vous je vous prie!" Je ne suis plus dans un métro tout gris mais dans un joli salon de thé en train de papoter avec Jean 46 ans, qui part rejoindre un ami avant de rentrer chez lui, à Paris. Cela fait maintenant 13 ans que Jean travaille dans un pressing, il nettoie, repasse et plie avec soin les vêtements plus ou moins luxueux de ses clients. Croyez le ou non mais "le pressing c’est un art, moi je travaille dans l’industrie du textile et de la mode". C’est vrai que si vous ne connaissez pas les tissus, les coupes, les courbes d’un vêtement, vous ne pourrez jamais lui rendre son apparence d’origine! Fâché avec la technologie (pas de mails, pas d’ordinateur), Jean n’en est pas moins un "manuel" qui aime coudre, bricoler et dessiner. Il aime aussi chiner des vêtements pas cher, comme cette fameuse écharpe qui ne lui a quasiment rien coûté et qu’il a trouvé sur un marché. Sinon, Jean prend le métro tout les jours. Un jour il a oublié son sac sur son siège, et bien figurez vous que quelqu’un la trouvé et donné au guichetier. Le sac a finit aux objets trouvés et Jean a mis un bon mois pour le récupérer, mais à sa grande surprise le contenu était absolument intact. Depuis Jean se dit que quoiqu’il arrive, il faut rester confiant! Merci Jean!

Francine

septembre 23, 2010

Bienvenue à Lille! Bienvenue sur la ligne 2! Vous voulez des gens du nord? Vous voulez voir des Chtis? Et bien raté, Francine a 77 ans et elle nous vient de St Malo. Francine est à la retraite, elle en profite pour s’impliquer à fond dans la vie associative. Quand je lui demande dans quoi, elle a un petit trou. Ca lui arrive parfois me dit elle, à cause de son âge, sa mémoire lui joue des tours. Enfin c’est un peu politique. C’est pour ça qu’elle est venue à Lille, elle a même dormi à l’hôtel. Toute seule, sans son mari qui est bien occupé dans tout autre chose! Est ce que vous pouvez deviner le rire de Francine en regardant la photo? C’est un gloussement qui se transforme en éclat, c’est des regards à droite à gauche pour voir si tout le monde se marre et croyez moi c’est le cas. En plus Francine porte le gilet de mes rêves, un bleu-gris magnifique et des motifs un peu rétros, j’en cherche partout des comme ça, impossible à trouver, le problème c’est qu’elle ne se souvient plus trop ou elle l’a acheté, enfin mémoire ou pas c’était il y a fort longtemps. Francine n’a pas d’enfant, comme ça elle est libre de vadrouiller comme bon lui semble. Franchement elle n’a aucun conseil à nous donner si ce n’est d’aller vite à Lille, découvrir une ville qui lui a beaucoup plu. Maintenant si vous voulez bien l’excuser elle a un train à prendre, la mer l’attend. Merci Francine!

Ps: Voilà c’est officiel, à partir de mardi prochain vous pourrez retrouver un portrait du blog dans le journal Métro! Je suis très fiere de ce partenariat. Désormais le site est hébergé par Métro. Je garde toute ma liberté de ton d’ailleurs regardez: caca boudin, prout, au chiotte l’arbitre.

Ps2: Tant qu’on y est, je suis aussi sponsorisé par Samsung mais vous avez vu, pas de banderole, pas de pub, juste bientôt une petite phrase pour dire que je prend mes photos avec un chouette appareil dont je vous avait déjà parlé sans citer le nom: c’est le NX100 mais on en reparle bientôt, ça fait un peu beaucoup d’un coup. Je suis contente, ce sont de bons partenariats, et moi ça me donne vraiment envie de continuer!

Mima

septembre 22, 2010

Mima c’est ma grande copine. Oui je sais j’ai triché. Ce n’est pas du tout une inconnue. Pas du tout du tout. Quand j’habitais à Berlin, je me suis fait des tas d’amis. Mais, loin des yeux loin du coeur, certains sont devenus des étrangers et d’autres des frères à la vie à la mort, échange de sang, promesse de scout, doigt croisés tout ça tout ça. Mima donc. Mima habite à Berlin depuis trois ans, avant elle faisait la fête à Tokyo. C’est un peu réducteur de dire ça. En fait, c’est probablement parce que je ne sais pas très bien ce que faisait Mima au Japon. Mima est chanteuse, elle fait de l’électro-pop, ça aussi c’est un peu réducteur, mais c’est difficile de décrire une musique quand elle est riche, complexe, inspirée. Elle fait partie de ma super bande de copains, c’est la grande amoureuse de Stewart, un producteur brillant qui vient des Etats-Unis mais qui est plus Européen que vous et moi, c’est un sale Wasp et je ne manque jamais d’aller le voir dès que je suis dans le coin. Elle travaille avec Sam un autre musicien de génie qui nous vient de Toulouse, tellement drôle et tellement incongru parfois parmis les allemands. Elle est copine avec Clara l’espagnole qui radoucit les moeurs et qui ne m’en veut jamais de l’appeler Carla, et Chloé l’anglaise hilarante qu’on croirait sous speed tellement son débit te tétanise. Mima aime les chats, qu’elle appelle Caaaato. Quand on joue au poker, au lieu de dire "check" comme tout le monde, elle dit "tin-tin" en secouant un peu la tête. Elle est toute petite, toute frêle, mais mettez la dans un bar et elle pliera les plus endurants d’entre nous. Quand on va chez elle, on enlève nos chaussures et on mange des trucs tellement bons qu’on croit mourrir sur place. Cela dit elle aime les vrais barbecues américains, quand les côtes de porcs sont fumées et mijotent 48 heures dans leurs marinades, mais aussi les patisseries françaises. Elle vient souvent à Paris voir son ami Naoko qui immite l’accent du 93 sans se départir de ses intonations japonaises "Bobigny yo yo". Cette semaine elle a aimé flaner vers Saint Paul et regrette d’avoir si peu visité et tant mangé. Elle a adoré faire la fête dans un mini appartement et a un peu culpabilisé de parler si mal allemand depuis le temps tandis que son amie Naoko manie avec brio la langue française. Moi j’aime la faire rire, la voir rire, c’est mon amie et pourtant je ne lui ai jamais vraiment dit les choses ainsi. Alors j’ai un peu triché c’est vrai mais c’est pour la bonne cause, pour pouvoir dire: Merci Mima!

Dalila

septembre 20, 2010

Aujourd’hui Dalila descend à la station Maraicher. Dans dix minutes elle sera chez elle, dans dix minutes elle aura oublié l’épreuve du métro, le bruit, la foule. Quand je propose à Dalida de me parler un peu d’elle, elle est d’abord réticente, non qu’elle n’aime pas parler d’elle mais en ce moment elle est épuisée et ne se trouve pas vraiment à son avantage. D’habitude, elle est beaucoup plus soignée, elle reconnaît qu’elle se laisse un peu aller. Moi je la trouve ravissante, surtout quand, d’un geste expert, elle dénoue son chignon et laisse ses longues mèches tomber sur ses épaules. A 22 ans, Dalila était esthéticienne, ensuite elle est passée à la coiffure, a même ouvert son salon. Seule, elle a élevé ses deux enfants. Toujours forte, toujours battante, jusqu’au jour où, en 1995, elle tombe malade, le diagnostique est lourd et son monde s’écroule. Elle qui depuis des années écoute les petits problèmes des clientes, soigne un peu les âmes en posant des bigoudis, se retrouve soudain démunie, vidée. Le tunnel est long mais Dalila tient bon. Aujourd’hui en pré-retraite, elle est à nouveau prête à mordre la vie. Cela passe par l’estime de soi, l’envie de sortir, de se faire belle, elle remercie sa fille d’avoir été parfois un peu dure avec elle, pour son bien. A l’avenir, elle aimerait bien reprendre une activité associative, pourquoi pas en rapport avec son ancien métier. Elle n’est pas prête à retourner dans les hôpitaux mais se verrait bien venir en aide aux femmes en difficulté, les aider à reprendre confiance en elles, leur apprendre à se trouver belle. Ce que Dalila veut nous dire c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras, la vie est bien trop précieuse pour qu’on la néglige. Merci Dalila! (Merci beaucoup…)

Nolan

septembre 15, 2010

Nolan est un grand timide. Même sous les encouragements de sa grand mère et de sa maman il n’a pas trop envie de me parler. Finalement, tout en se tortillant sur son siège et en regardant sa maman avec un joli sourire il me dit qu’il a 4 ans, qu’il a eu des cadeaux dont un parapluie spiderman et qu’il a école demain mais pas aujour’hui. Demain donc, il retrouvera Hugo et Lucas, apparement avant c’était Adam son meilleur copain mais ils ne sont plus dans la même classe cette année… (vous n’aviez pas une meilleure amie par mois vous à cet âge?). Les parents de Nolan l’ont inscrit à la natation, du coup à chaque fois qu’il prend le métro, il croit qu’il va à la piscine. Aujourd’hui même combat, Nolan n’en démord pas, il va bien nager à Havre Caumartin mais surtout ne lui dites pas combien de stations il reste c’est lui qui compte. Nolan veut bien que je le prenne en photo mais quand je sors mon appareil il part se réfugier dans les bras de sa maman. J’imagine un instant un de mes inconnus courant se réfugier derrière la première personne venue, ce serait poilant. Bien calé contre sa mère et sous le regard fier de sa mami à qui on a déjà dit que son petit fils pourrait être mannequin, Nolan se détend et me fait ce magnifique sourire, le sourire qu’on offre quand tout va bien, qu’on va à la picine, qu’on a une chouette maman et un parapluie spiderman. Merci Nolan!

Ps: Hier a eu lieu mon vernissage, j’ai bien sympatisé avec la talentueuse bloggeuse de I love Maurice http://www.ilovemaurice.org/. J’ai réussi l’exploit de ne pas tomber dans les escaliers avec mes talons, tout mes amis était là et mes parents aussi, l’occasion de découvrir que papaours est une vrai star de la blogo. (la "blogo" ca y est je m’y connais) Vous pouvez naturellement aller voir l’expo à la rephlex gallerie 62 rue Jean Jacques Rousseau à Paris. Apparement l’hôtel Sheration a beaucoup aimé l’instal’ il se pourrait donc que je reecrive sur le mur… d’un grand hôtel cette fois (peur peur peur). C’était une expérience amusante, les gens étaient super hype mais c’était ma soeur et ma maman les plus belles. J’arrête sinon je vais vraiment tout vous décrire et ça va être très barbant. Bonne journée!!

Soraya / Marina

septembre 13, 2010

 Vous l’avez sûrement remarqué, les portraits que je fais représentent des gens comme vous et moi. C’est un principe. Je ne photographie pas les sans abris, les gens présentant un handicap mental lourd, les alcooliques. Non pas par mépris ou intolérance, mais parce que je pense qu’il faut un certain talent pour le faire sans tomber dans un voyeurisme malsain, sans livrer ces personnes en pâture à la lecture de ceux qui comme moi, comme nous ont bien intégré la norme. Hier quand j’ai vu Soraya monter dans la rame, à moitié déshabillée, un peu ivre et l’air hagard, j’ai eu un mouvement de recul et de gêne un peu stupide, vous savez cette petite prière muette "faites qu’elle ne s’assoit pas à côté de moi". Au milieu de la rame un petit garçon a piqué une colère noire, il gigotait tellement sur sa chaise qu’il est tombé. Soraya s’est alors précipitée sur l’enfant pour le relever, un jeune homme l’a arrêté, insultée et, le temps d’une station, poussée vers la sortie. Je pense que je l’ai suivie parce que je me souviens avoir dit plus d’une fois en interview "Il faut aller au delà des apparences" vaste principe qui ne veut rien dire si on l’applique seulement quand ça nous arrange, son geste protecteur envers l’enfant m’a surprise et interrogée. Voici donc Soraya ou Marina selon son humeur, 30 ans "auxiliaire de vie". Soraya vient d’Equateur, parle assez mal le français mais le comprend parfaitement. Elle est venue en France par amour pour un homme qui le lui a très mal rendu, aujourd’hui elle vit seule mais entourée d’amis. Soraya entend s’habiller comme il lui plait, quitte à affronter les moqueries et les insultes. Soraya est une femme coquette qui aime le maquillage, les robes, les décolletés. Ce qui lui manque le plus en France c’est sa maman qu’elle appelle tout les jours pour la rassurer. Sa maman l’a eu très jeune, à 15 ans mais c’est souvent comme ça en Equateur. Soudain, Soraya s’inquiète, elle ne veut pas parler à une assistante sociale, elle trouve que j’ai vraiment une tête d’assistante sociale (!!!). Ce qui la rend triste c’est qu’on lui demande toujours de raconter son histoire mais personne ne se confie à elle. Alors je lui raconte un peu ma vie, mon projet, la photo, le blog. Avant de prendre la photo, elle se remaquille soigneusement et se met à prendre des poses pas possibles. Je lui demande alors de me regarder tout simplement et c’est de loin la prise que je préfère. Avant de me quitter Soraya me demande de dire à tout le monde qu’il ne faut jamais oublier d’où l’on vient! Merci Soraya!

Gaël

septembre 8, 2010

A 43 ans, Gaël est en pleine reconversion professionnelle. Jusqu’à présent, il était gestionnaire de stock. Il aimerait se reconvertir dans les arts graphiques, premiers amours de jeunesse. Alors il a décidé de prendre une année sabatique pour se former et voir ce qu’il peut trouver dans ce domaine. Habituellement, Gaël ne prend pas le métro, c’est un cycliste, un vrai, un tatoué. Sans peur et sans reproche, il circule dans les rues de Paris. La dernière fois qu’il a pris le métro, il a pu lire dans un wagon un poème sur le mal sous terrain. Il a trouvé cette notion pertinente, au même titre que le mal de mer, le mal de terre, le mal des transports. Personnellement, je ne m’aventurerais pas à Paris en vélo, j’aurais beaucoup trop la pétoche. Ca le fait sourire, il me dit que ce n’est qu’une question d’habitude. Malheureusement, vous ne pouvez pas voir sur la photo la bague que porte Gaël. Un de ces jours, il faudrait quand même que j’apprenne à demander aux gens de poser pour moi… Gaël porte une bague tout à fait singulière qui me fait penser à ce qu’ont les tailleurs au poignets, vous savez cette boule ou se piquent des milliers d’épingles? C’est un peu la miniature de cet objet. Il l’a trouvé dans les rebuts d’une saisie. "Les gens ne voient que les objets clinquants, les téléviseurs, les marques, moi j’aime chercher la beauté ailleurs que dans l’évidence". Je crois que si je devais retenir une chose de cette discussion ce serait cette dernière phrase, à méditer. Merci Gaël!

Massato et Anji

septembre 6, 2010

Avez vous déjà été au who’s next à Paris? C’est le salon des nouvelles tendances vestimentaires. Mes collocs et Mr S, tous membres de la Norules Corp (collectif de musique et d’art urbain) étaient invités par la marque de bière Grolsch à peindre sur une toile. Moi je suis venue comme un cheveu sur la soupe, admirer des vêtements que je ne porterais jamais parce que l’autruche qu’il a fallu dépecer pour concevoir la capuche vient de tanzanie (en vrai je n’ai même pas vu de fourrures, mais les collections ne sont ouvertes qu’aux acheteurs). Le comble de la populace hype règnait sur l’endroit. Les femmes n’avaient pas vraiment le droit de sourire sinon elles perdaient 50 points en credibilité cool. Et surtout la station Porte de Versailles n’avait jamais vu autant de sacs prada au mètre carré. J’ai repéré Massato et Anji sur le quai parce qu’ils avaient l’air à la fois perdu et amusé par la foule ambiante: le quai ressemblait à un catwalk qui découvre le rugdby. Au milieu de tout ces gens qui téléphonaient, négociaient, poussaient, le couple me faisait un peu moins peur. Que les choses soient dites, nous n’avons absolument pas réussi à aligner plus d’une phrase. Le bruit, la barrière du langage, la timidité… Autant de difficultés à surmonter. Massato m’a tendu sa carte, que j’ai aussitôt perdu dans le fin fond de mon sac, oubliant toute bienséance japonaise qui préconise de regarder avec attention et respect le petit bout de carton qu’on nous tend. Originaire de Kobé, Massato et Anji possèdent une boutique de vêtements. Le who’s next est un salon incontournable, qui leur permet de repérer les nouvelles tendances et les nouveaux créateurs qui vont compter. A paris, Anji aime manger Italien, et Massato aime le carpaccio de boeuf. Ils aiment aussi la boutique Colette, ou ils aimeraient pouvoir tout acheter. Tout deux sont très curieux de savoir si j’habite à Paris et ou… Eux sont logés dans un hôtel à Montparnasse. Ce soir ils iront au restaurant mais ne savent pas encore ou. J’aimerais pouvoir briller et leur recommander LE restaurant qui déchire mais bizarrement le seul truc qui me vient en tête c’est Hypopotamus ce qui me provoque un mini fou rire difficile à contrôler. Je crois que c’est de la faute de mon père qui tient absolument à aller là à chaque fois, nous n’avons jamais vraiment compris pourquoi. A la lecture de mes derniers portraits je me rend compte que j’ai un peu oublié de demander aux gens s’ils avaient un message à faire passer, moi j’en ai un, vive le japon! Merci Massato, merci Anji!


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