Vous l’avez sûrement remarqué, les portraits que je fais représentent des gens comme vous et moi. C’est un principe. Je ne photographie pas les sans abris, les gens présentant un handicap mental lourd, les alcooliques. Non pas par mépris ou intolérance, mais parce que je pense qu’il faut un certain talent pour le faire sans tomber dans un voyeurisme malsain, sans livrer ces personnes en pâture à la lecture de ceux qui comme moi, comme nous ont bien intégré la norme. Hier quand j’ai vu Soraya monter dans la rame, à moitié déshabillée, un peu ivre et l’air hagard, j’ai eu un mouvement de recul et de gêne un peu stupide, vous savez cette petite prière muette "faites qu’elle ne s’assoit pas à côté de moi". Au milieu de la rame un petit garçon a piqué une colère noire, il gigotait tellement sur sa chaise qu’il est tombé. Soraya s’est alors précipitée sur l’enfant pour le relever, un jeune homme l’a arrêté, insultée et, le temps d’une station, poussée vers la sortie. Je pense que je l’ai suivie parce que je me souviens avoir dit plus d’une fois en interview "Il faut aller au delà des apparences" vaste principe qui ne veut rien dire si on l’applique seulement quand ça nous arrange, son geste protecteur envers l’enfant m’a surprise et interrogée. Voici donc Soraya ou Marina selon son humeur, 30 ans "auxiliaire de vie". Soraya vient d’Equateur, parle assez mal le français mais le comprend parfaitement. Elle est venue en France par amour pour un homme qui le lui a très mal rendu, aujourd’hui elle vit seule mais entourée d’amis. Soraya entend s’habiller comme il lui plait, quitte à affronter les moqueries et les insultes. Soraya est une femme coquette qui aime le maquillage, les robes, les décolletés. Ce qui lui manque le plus en France c’est sa maman qu’elle appelle tout les jours pour la rassurer. Sa maman l’a eu très jeune, à 15 ans mais c’est souvent comme ça en Equateur. Soudain, Soraya s’inquiète, elle ne veut pas parler à une assistante sociale, elle trouve que j’ai vraiment une tête d’assistante sociale (!!!). Ce qui la rend triste c’est qu’on lui demande toujours de raconter son histoire mais personne ne se confie à elle. Alors je lui raconte un peu ma vie, mon projet, la photo, le blog. Avant de prendre la photo, elle se remaquille soigneusement et se met à prendre des poses pas possibles. Je lui demande alors de me regarder tout simplement et c’est de loin la prise que je préfère. Avant de me quitter Soraya me demande de dire à tout le monde qu’il ne faut jamais oublier d’où l’on vient! Merci Soraya!
septembre 13, 2010 à 9:53 |
Je côtoie tout les jours de par mon travail, les marginaux que l’on peut croiser entre autre dans le métro et si j’ai un bon conseil à vous donner, faîtes très attention le jour où vous les accosterez s’il vous prend l’envie d’en faire un portrait. Beaucoup souffrent de maladie mental comme la schizophrénie et leurs réactions pourront être assez imprévisible.
Sinon très beau portrait, bravo.
septembre 13, 2010 à 1:21 |
Pas besoin d’être marginal pour avoir des réactions imprévisibles …
Tout le monde peut en avoir … parfois les fous ne sont pas toujours ceux que l’on croit …
septembre 13, 2010 à 10:03 |
ça fait longtemps que je n’ai pas laissé de commentaire… Ta note d’aujourd’hui est très touchante…C’est tout simplement une prière aux gens d’avoir un autre regard sur les autres, je joins ma voix à celle de Soraya;"Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient" et je dis: surtout n’oubliez jamais que chacun vient de quelque part avec tant de chose à partager.
septembre 13, 2010 à 10:31 |
Oulah effectivement il faudrait éviter les "marginaux" le résultat est effrayant.
septembre 13, 2010 à 10:43 |
éviter? non pas vraiment.
septembre 13, 2010 à 1:22 |
Ce qui est effrayant c’est ce que vous dites …
septembre 14, 2010 à 3:41
Je suis de retour après mes cours.
En parcourant les commentaires, voilà que l’on se retrouve devant une discussion, pour le moins … très intéressante.
A mon humble avis, je ne vous donnerais pas tort.
Effectivement ce qui serait effrayant – on peut dire avec moins de dramatisation "ce qui serait bête" – ce serait bien d’avoir peur A PRIORI (instinctivement, oui, bêtement comme un animal, irréfléchi ou encore pire, non plus instinctivement, mais culturellement, je veux dire par copier-coller de son environnement, souvent dans ces cas là … un peu pingre, du genre "eyes wide shut" LOL ). Cette peur vient d’un manque de confiance en sa propre capacité d’être "charitable". Ah que de sistance entre la Cité des Hommes et Celle de Dieu, ou pour les laïcs, Celle d l’Homme. Eh oui, charité bien ordonnée etc …
Mais bon, il faut de tout pour faire un monde; et pour le rendre, ce monde, meilleur, il en faut aussi de tout. Le combat a toujours été le même, depuis la nuit des temps, partout, toujours. Pourquoi les colonnes, publiques, de linconnudumetro échapperait-il à la règle ?
Plus que jamais, le chemin vers la lumière est un chemin étroit et semé d’embûches; cela ne signifie nullement que la lumière est irrémédiablement inaccessible à nous autres, pauvres humains si petits devant le don de liberté si vaste et … lumineux.
Alors je voudrais vous dire, à vous LN66, que ce qui peut nous effrayer, ce qui me rend triste vraiment, c’est que l’espèce humaine a fait dans le domaine matériel des progrès énormes (c’est sans doute ça, LA NORME) mais que le temps est bien venu d’en faire d’aussi immenses dans celui du spirituel.
_______
"De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite "
L’Aigle de Meaux
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A snob is that man or woman who is always pretending to be something better – especially richer ou more fashionable – thanh they are "
Thacqueray
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Origine de snob
S. NOB.
Qualificatif employé pour pallier l’absence de titre des roturiers (proto bourgeois ?) invités
Par extension et évolution de l’usage, les "snobés" deviennent à leur tour les "snobbeurs", et partant, snobs.
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S’il faut une certaine "intégration à la norme (cas de l’intégration à l’ENS inclus LOL !), cela se fer-t-il au prix d’une DESINTEGRATION de son être, qui est tout sauf "clonique " ?
A LN66 et à Marie Dinkle, juste avant de m’envoler vers le Chile
Adios companeros de la vidad !
Con el corazon y muchas gracias para las fotos.
septembre 13, 2010 à 2:01 |
Albert Einstein disait : "Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais pour ce qui est de l’Univers, je n’en suis pas tout à fait sûr."
septembre 13, 2010 à 2:31 |
Oui, moi aussi je trouve ça effrayant.
Il faudrait effectivement éviter les marginaux mais aussi les pauvres, les étrangers, les handicapés, les drogués, les homosexuels et les plombiers-chauffagistes.
Et pourquoi pas vivre en autarcie dans des bunkers ultrasécurisés dans lesquels on pourrait contrôler les allées et venues de tout le monde pendant qu’on y est ?
septembre 14, 2010 à 6:18 |
Heu ?! Le commentaire de Ninjaw P. B. est ironique non ?
septembre 14, 2010 à 6:19
J’espère que oui en tout cas.
septembre 13, 2010 à 10:37 |
Un de mes articles préférés… merci Marie
Nina
septembre 13, 2010 à 10:54 |
Certainement, depuis que je vous lis, l’une des plus belles photos que vous ayez faites. L’extravagance nous dérange, nous n’aimons pas aller au delà de nos codes. Merci de l’avoir fait. Une photo n’est qu’un instant de vie mais souvent, combien elle est révélatrice de ce que nous sommes. Et de ce que sont les autres.
septembre 13, 2010 à 11:03 |
A lire ce que je lis plus haut dans les premiers commentaires, on pourrait se demander également si les lecteurs aiment que quelqu’un interviewe les gens qui ont un handicap ou une maladie mentale. Formulé comme ils le font, c’est limite discriminatoire à leur endroit.
Baltha
septembre 13, 2010 à 7:33 |
je suis assez d’accord
septembre 13, 2010 à 11:25 |
encore un portrait touchant, une regard lucide pour une vérité qui remue les entrailles. Une démarche forte, qui vous honore et nous remet à notre place, parfois dérangeante, parfois rassurante. Un gros gros merci marie dinkle !
(Je suis par contre aussi touchée mais bien moins positivement par les comm’…)
septembre 13, 2010 à 11:34 |
En effet équilibre délicat entre le voyeurisme et l’ignorance, mais je te fais confiance pour trouver le ton juste le jour où l’un de ces "marginaux" te tapera dans l’oeil et dans le coeur. un peu comme l’a fait Soraya Marina (j’aime beaucoup l’idée d’avoir deux prénoms pour cette femme). et parce que malheureusement oui, il ne faut pas se voiler la face beaucoup sont abimés par la vie ou pourraient mal prendre cette curiosité, vas-y avec prudence.
Sinon, très beau portrait, plein de mélancolie, de triste tendresse. Très touchant.
septembre 13, 2010 à 11:39 |
tu résumes parfaitement mes doutes, merci!
septembre 14, 2010 à 8:37
"Doutes", scrupules ..
Certains nous honorent et du coup nous excusent pour ne rien tenter.
Marie Dinkle , vous avez pris un risque, celui d’être brocardée sur vos intentions par les esprits chagrins.
Soraya Marina aussi, sans doute encore plus grand, celui d’être livrée en pâture aux mêmes.
ça m’impressionne. Merci à toutes les deux!
septembre 13, 2010 à 12:08 |
Ola que tal Marina ?
Ola Marie Dinkle !
Bravo pour la foto de Marina. Elle me semble très coquette, bien vue de votre part: voyez ses boucles d’oreille, sa montre et ses lunettes ! Et pas commode du tout à pousser – comme vous dites les Français "oh hisse ".
Que quilumbo ! Una chica de Quito ? o de Guayaquil ?
Pinche mono mamon Marina ! No te llamo Soraya porque a mi me no gusta Soraya. Soraya, la borrequita !
Bueno, Marie Dinkle, Marina n’est peut être pas Soraya le matin, mais seulement la noche !
Jajajaja !
Adios Marina ! Adonde trabajas ?
Jajajaja !
Hasta luego las dos, Marina (de Saint-Tropez jajajaja) y Marie !
Que huevon, j’ai oublié de vous dire que je suis de passage à Paris. De la salle internet des étudiants, je vous adresse le bonjour de tous les amigos. On vient de Arequipa.
Que Dios vos bendiga a todos y a usted Marie. Y a tu tambien, la Marina (de Saint Tropez)
Que chica buena ! Jajaja !
Adios, a la proxima, quizas al Altiplano
Jorge Urcade (y Rene, Javier, Vicente etc… y Magdalena)
Besos con mucho amistad Claro que si !
Marina, con tu retrato, tu nos pareces como la Maculada Contracepcion !
Que borriquitos (es de Javier y de Rene )
Adios
septembre 13, 2010 à 12:42 |
Je ne vous lis pas tous les jours, comme je ne regarde pas tous le monde dans métro, mais seulement quand quelque chose ‘attrappe mon oeil’, comme on dit en anglais.
Et cette fois j’ai lu toute l’histoire, que j’ai trouvé particulièrement touchante, et bien racontée.
Dans le cadre de mes photos de la rue je croise régulièrement les SDFs, les clodos, les marginaux, les gens ‘pas comme nous’ quoi, et le dilemme
septembre 13, 2010 à 12:46 |
Excusez-moi! Le dilemme est toujours lá : que faire et que montrer. Ici, je crois que vous avez trouvé un milieu très juste. ~ Sab
septembre 13, 2010 à 2:05 |
Pour savoir d’où l’on vient il faut essayer de regarder lucidement derrière soi. Est ce possible ?
Ce long couloir désert derriére Soraya-Marina ajoute de la mélancolie à ce portrait qui n’a rien de voyeur on peut rassurer marie dinkle
septembre 13, 2010 à 3:41 |
Belle histoire! Beau portrait!
septembre 13, 2010 à 4:59 |
Bonjour Marie,
le "jeune homme [qui] l’a arrêté[e], insultée et, le temps d’une station, poussée vers la sortie" était-il le père ou un parent de l’enfant?
Sinon sa réaction me semble assez extrême- et ceci même s’il connaît le gosse d’ailleurs…
septembre 13, 2010 à 5:51 |
Portrait touchant et qui … fait du bien à notre humanité.
Quelle belle démarche et toujours des surprises, comment se lasser des autres ?!
septembre 13, 2010 à 5:58 |
Très beau et touchant portrait !
Oui, la marginalité fait peur, et par la détresse qu’elle montre nous renvoie à un sentiment de culpabilité, de gêne, mais aussi d’impuissance.
Il existe toujours un risque à aller vers l’inconnu, à aborder une ou un inconnu(e), mais la dangerosité d’un être n’est malheureusement pas toujours signée par son apparence.
Il y a 35 ans, lorsque j’ai commencé à travailler dans le milieu hospitalier, les marginaux étaient très souvent le fait de personnes ayant fait le choix de vivre hors des conventions sociales, et qui n’y étaient pas forcément acculées comme à présent.
Je me rappelle une anecdote : nous avions accueilli aux urgences un monsieur particulièrement éméché, et n’ayant pas goûté l’eau et le savon depuis un temps certain. L’infirmière chargé de déshabiller l’intéressé, se plaignait et dit : "il y a une moitié de l’humanité qui em…… l’autre !". Le monsieur ouvre un oeil, et sur un ton autoritaire répond : "moi chère madame, j’em…. les deux moitiés".
Chère Marie, vous avez une belle âme.
septembre 13, 2010 à 9:06 |
Hahahahaha! Pas mal! Et oui éternelle question: quand est ce que la norme est nécessaire et que penser de ceux qui la rejette… Hum jvais manger moi!!
septembre 13, 2010 à 7:41 |
Un vrai claque !
septembre 13, 2010 à 7:47 |
Una equatoriana,
he olvidado mucho,pero como esta lindo el equador! No esta facile vivir
sin su madre, si lechos! tengo amigos en el equador! jajaja! Estan a Tena et Quito! los espero para novembro en Francia! Si!
Ah! mon espagnol n’est plus assez bon! Je promets de ne pas oublier d’où je viens, Marina! Quelle tendresse émane de cette photo! Il me semble tu donnes beaucoup au autres! Et le travail d’auxillaire de vie n’est pas du tout facile!
Ah! Marie,comment ça se fait que Marina te prend pour une assistante sociale……? Elle perçoit pas trop mal,hein, même en ayant bu!?
Merci Marie pour ton courage et ce portrait magnifique!
Et une petite pensée pour tous ceux qui sont loin de chez eux
……et biensur viva el ecuador!!!!
septembre 13, 2010 à 8:58 |
Oui même si "auxiliaire de vie" est un petit mot qu’elle a trouve pour me parler du plus vieux metier du monde…
septembre 15, 2010 à 5:58
oui,oui Marie !
Il me semblait bien….mais je m’en moque si c’est l’un où l’autre (la clientèle est peut-être pas la même!)
Ce que je voulais dire est qu’elle semble donner beaucoup! Ce n’est pas le look qui conte! C’est la personne! Et qu’est qu’on s’ennuierait si tout le monde est en costardcravatte!
Et puis ce qui m’énerve c’est cette double moralité! On montre les prostituées avec le doigt, marginalise mais apparemment il y a et il y a eu assez de demande et des clients!
P.S.pour Kitof: sisi Marie a déjà fait des portraits costardcravatte! Un Monsieur allemand très sympathique!
octobre 4, 2010 à 5:53 |
S’ils sont loin de chez eux, autant qu’ils y restent. J’ai l’impression Marie que vous photographiez beaucoup d’étrangers et bcp d’immigrés…. Suis-je le seul à avoir cette impression?
octobre 4, 2010 à 7:01
Oui je photographie les français qui prennent le métro théo. Prenez vous le métro Théo? La France qui se lève tôt, la france du métro Théo c’est celle que tu vois dans mes portraits.
septembre 13, 2010 à 7:55 |
Merci pour ce portrait très touchant !!
septembre 13, 2010 à 8:11 |
Sans doute le meilleur portrait de ton excellente galerie, chère Marie. J’avoue que c’est la première fois que je commente, je n’ai vraiment pas pu résister. C’est tellement vrai, la "prière muette" que tu décris… j’ai souvent été impressionné par le décalage qu’il pouvait y avoir entre nos volontés, humanistes et pleines de bonté, et nos actes, parfois étriqués et marqués par le sceau de la peur de l’autre… et tu décris cela si justement et en si peu de mots, rendant mon commentaire superfétatoire ! (ah ben merci !
)
Je passe de temps en temps dans le métro parisien (je suis Rennais), et c’est bien souvent la méfiance et l’ignorance "polie" (hum) (disons tacite) qui dominent, laissant si peu d’espace à des initiatives passionnantes et généreuses comme la tienne ! J’espère vraiment qu’un jour le hasard puisse faire que je te rencontre dans ce métro !
Je te le dis sincèrement, pour moi tu fais partie des gens qui rendent le monde un peu meilleur.
Pedrito, très touché par le portrait de ce jour.
septembre 14, 2010 à 12:20 |
Alors là, vu la teneur du texte, je doute vraiment que l’interview n’ait fait que les 6 minutes règlementaires… Mais quel portrait au bout du compte ! Merci Marie !
septembre 14, 2010 à 9:02 |
Bien vu danemile on est reste un moment sur le quai en effet j’avais du mal a partir je ne voilais pas qu’elle pense que une fois la photo prise j’allais me debarasser d’elle!!
septembre 14, 2010 à 6:20 |
Je pense que vos portraits sont excellents! Je vous remercie
septembre 14, 2010 à 7:48 |
cette dame a une belle âme qui ressort de votre photo
septembre 14, 2010 à 9:45 |
Ce portrait est vraiment magnifique! Je le lis tous les jours (quand il y a des nouveaux portraits) et ca faisait longtemps que je n’avais pas mis de commentaires pour te dire: continues ce blog!
septembre 14, 2010 à 9:55 |
"tout les jours" -> "tous les jours"
)
septembre 14, 2010 à 12:40 |
Marie,
La dépendance à l’alcool est une maladie de personnes sensibles-fragiles , difficile à soigner et surtout non reconnue par beaucoup de personnes qui pensent qu’ils ne seront jamais concernées…Soraya doit certainement faire son travail d’auxiliaire de vie à jeun et consommer ++ après..soit prudente Marie car elle pourrait avoir des ennuis par l’entourage des personnes dont elle s’occupe en dévoilant ce fait.
septembre 14, 2010 à 1:45 |
Merci Marie pour ce portrait très touchant.
septembre 14, 2010 à 2:59 |
Il y a un public que tu n’interviewes jamais également, c’est les "costard-cravates".
Je pense que chaque wagon en compte au moins un spécimen.
Sais-tu pourquoi tu ne vas pas vers eux ? Ou peut-être essuies-tu que des refus de leurs part ?
Je t’assure que tu serais sans doute surprise du résultat.
En tout cas, bravo pour ton article d’aujourd’hui, très touchant.
Signé un "costard-cravate" qui te guette parfois dans le RER
septembre 14, 2010 à 5:21 |
Merci, Marie, tu éclaires nos journées
septembre 15, 2010 à 4:31 |
Rien de pire que d’essayer de photographier quelqu’un qui prend la pose !
Bravo, tu as réussi un très joli portrait.
Chriss sur son îlet
septembre 15, 2010 à 8:50 |
Qu’est-ce que la marginalité? Qui est marginal? C’est l’étranger, les gens pauvres, les fous, les banlieusards, les roms, les gays ? Et par opposition à qui se définit la marginalité? Il s’agit d’un notion qui sert à discriminer les gens, à cibler des populations, qui va a l’encontre de la notion d’égalité. Quelqu’un pourrait me dire comment il faut se comporter, s’habiller, parler, et où il faut habiter pour n’est pas être un marginal?
septembre 15, 2010 à 11:48 |
Le débat que suscite le portrait de cette "marginale" est bien le cœur du problème. Cette femme à un travail, des amis, semble en bonne santé et a juste un peu bu, je ne vois pas en quoi elle est "différente" de nous tous.
Pour ma part il m’est déjà arrivé d’être ivre et décalqué dans les transports, et c’est vrai que dans ces conditions, on va beaucoup vers les gens, on est de bonne humeur mais on fait un peu peur.
Je te félicite d’être aller au delà de ton premier réflexe, le problème est que la plupart d’entre nous -même ceux qui trouveront que ce que tu as fait est bien – continuerons a rester fermé et anxieux à l’égard de ceux qui ne le sont pas et bien évidemment ne réagirons pas quand un connard manifeste un comportement agressif envers cette femme alors qu’elle n’a absolument rien fait de mal.
Parlons aux sdfs, aux clodos, ils n’attendent que ça ! Il faut être vigilant bien évidemment envers certains, mais la plupart ont juste besoin d’un peu d’échange humain. Même s’ils ont du mal à parler, s’ils divaguent un peu, la plupart sont adorables et bien plus généreux de leur personne et de ce qu’ils ont que tout ceux que je croise l’air renfrogné dans les transports…
septembre 15, 2010 à 3:10 |
En fait je ne sais pas si tu as saisi mais soraya est une prostituée transexuelle voilà ce n est pas explicite dans mon texte car elle a trouve ce joli mot auxiliaire de vie pour décrire son métier… Voilà sans doute pourquoi elle est un peu marginale dans une société qui s attache tant a la bienséance et la morale.
septembre 15, 2010 à 5:03
Les transsexuel(le)s sont effectivement marginalisés, comme les transgenres, les homosexuels, mais également les SDFs, les sans-papiers, les étrangers, les roms, les handicapés, les jeunes, les vieux, enfin bref toutes les catégories de près ou de loin subissent les critiques d’une certaine part de la population, hormis peut-être les ménagères de 50 ans ou les cadre sup de 30.
Que Soraya soit marginalisé du fait de ce qu’elle est, je n’en doute pas, et c’est bien ça qui me révolte ! Si on veut aller au delà de ce sentiment de différence, il faut se dire "allons vers les gens tels qu’ils sont" et non pas "allons vers les gens marginalisés parce qu’ils sont différents et qu’on ne les écoute pas alors je vais aller les voir", c’est sur ce genre de terreau de pensée que l’hypocrisie se développe puisque malgré notre élan on se maintient dans l’idée qu’il existe une distinction entre "eux" et "nous".
Ne le prend pas personnellement, je m’exprime ici plutôt comme un coup de gueule vis à vis de ce que je vois tous les jours, également de la part des gens qui me sont proches.
septembre 15, 2010 à 1:17 |
ouaaaaw trop touchant. Quand tu dis qu’elle appelle sa maman tous les jours c’est tout tendre et mignon parce que c’est le genre de personnes qu’on imagine solides et débrouillardes pour affronter la rude vie qu’elles ont, et là, cette petite faiblesse…trop touchant.
septembre 15, 2010 à 6:36 |
s’il te plait, évite à l’avenir d’utiliser des phrases comme "des gens comme vous et moi", "ceux qui comme moi, comme nous ont bien intégré la norme"… C’est dommage d’indiquer à tout le monde qu’il y a une norme à laquelle on est supposés appartenir par défaut, à la différence des gens (genres) que tu énumères juste après !
Tes lecteurs ne sont peut être pas comme toi, pas dans la norme, pas dans TA norme, et personne ne suppose par avance non plus qui tu y sois…
Il faut laisser le multiple, la diversité, et les accidents entrer ! nous ne sommes pas de petites communautés, mais tous ensembles : toi, moi, les autres lecteurs, tes modèles et aussi ceux que tu choisis de ne pas prendre comme modèle !
sur ce, merci pour ces portraits quotidiens qui participent tellement bien à toujours mieux comprendre ce grand Autre, l’inconnu.
septembre 15, 2010 à 6:55 |
Tu vois très bien de quoi je parle ou alors tu n’as pas observe le blog les gens a qui je m adresse c’est un peu Monsieur et Madame tout le monde. C est la Premiere fois que je parle a une prostitue et a un transexuel peut être que c’est ton quotidien mais pas le
Mien ni celui des gens en photo ici. Et oui il y a une norme je nai pas dit que c’était une bonne ou une mauvaise norme mais c’est comme ça. Il y a la
Moyenne et le reste rien nindiqie qu’ il faille rejeter l’un ou l’autre.
septembre 15, 2010 à 7:25
oui, excuse-moi si j’ai été un peu sèche

Bien sûr il ne s’agit pas de rejet, et j’ai bien conscience que ta démarche n’est pas du tout de cloisonner les gens dans leurs particularismes…
Je voulais juste cibler des "tics de langage" qu’on a un peu trop souvent : du type "des gens normaux comme vous et moi". J’essaie d’être vraiment vigilante par rapport à ces habitudes qui font que chacun se sent rassuré d’appartenir à un groupe majoritaire, et donc regarde les minorités comme "autre" alors qu’elle font toutes partie de nous tous
continue tes expériences, elles sont très belles, vraiment.
septembre 16, 2010 à 1:36 |
Tu semble énervé parce qu’a dis "limace"
La seule norme est que nous sommes tous des êtres humain dotés de réflexion, de sentiments, de sensations, de joie, de misère, de rires, de pleurs, de sensibilité…
Mon intention n’est pas de te faire une forte critique, mais le problème d’une norme est délicat il faut faire trés attention à ce que l’on dis.
(la question de bonne ou mauvaise norme, qui renvoie à une chose que l’on considère comme "normale" n’est même pas possible à mon avis, toute norme est mauvaise au sens ou elle exclut forcement des gens ou les "obliges" à y entrer pour ne pas se sentir exclus)
Mais bref on va pas non plus chipoter sur cet article pendant des années.
septembre 16, 2010 à 5:37 |
Non non pas enerve je trouve ça seulement étrange qu’on fasse comme si il n y avait pas de norme sociale c’est une notion complexe mais bel et bien existante. Ça ne nie en rien l’individu sa liberté sa personnalité ou le droit de ne pas s’inscrire dedans. Je ne sais pas quelle est cette norme elle est parfois implicite chacun a peut être la sienne mais ceci étant elle est bien presente cette norme sociale. Je n’aime pas non plus qu’on sous entende que je dise qu’il y a une bonne et une mauvaise norme. Et enfin je ne souhaite pas qu’on me dise d’éviter de dire ceci ou cela. Il y a des façons de formuler une critique d’ailleurs limace a gentiment pris le temps de me dire quelle avait été un peu sèche… Et je suis bien contente qu’elle l’ai fait!
septembre 16, 2010 à 4:50
Il y a des facon de formuler une critique comme une façon d’exprimer ses opinion en écrivant
Dans tout les cas excuses moi si j’ai pu mal formuler ma critique.
Nous ne sommes pas là pour critiquer bêtement ou sans fondements, nous exprimons juste nos ressentis face à ce que nous lisons, nous interprétons…
(J’ai moi même appris à prendre en compte les critiques sur mes travaux, elles ont souvent été sources de mieux)
septembre 16, 2010 à 5:38 |
septembre 16, 2010 à 11:50 |
Un portrait si touchant avec les mots justes ! tu nous donnes une belle leçon d’écoute et d’intérêt pour autrui, Marie !
septembre 16, 2010 à 1:29 |
très beau portrait
septembre 17, 2010 à 2:23 |
Certains commentaire sont peut-etre mal formulés (si le mien l’a été selon toi je m’en excuser aussi alors)
Par contre, (et la c’est un conseil, a suivre ou non bien entendu), quand tu dis que tu "ne souhaite pas qu’on me dise d’éviter de dire ceci ou cela", je ne sais pas si tu t’adresses aux bonnes personnes. Les gens qui passent ici et y laisse des com sont surement des gens qui apprécient ton blog et s’il te disent de tel choses (même maladroitement) je ne crois pas que ce soit à prendre comme ca.
Les critiques sont toujours bonnes, et c’est souvent les critiques négatives qui font le plus avancer.
En tout cas je te souhaite une bonne continuation pour ton projet
septembre 17, 2010 à 6:08 |
Mais Alice! Je répondais au sujet du commentaire de limace = une lectrice
Parmis beaucoup d’autres! Qui a répondu a son tour de manière intelligente et précise. Je disais et je repete que la formulation: a l’avenir évite de dire que… Ce n’est pas possible pour moi. Rien a voir avec une critique mal prise dans le fond on y parlait de forme et en fait euh et bien je ne m’adressais pas vraiment a toi, mais merci pour tes encouragements je sais bien que les gens ici apprécient le blog si tu lis les articles précédents tu verras que je ne réagis aux critiques que lorsuqe la formulation me surprend ou que je suis daccord ce qui arrive aussi souvent je suis assez rapide a me remettre en question.
septembre 17, 2010 à 8:40 |
Le monde est plein de gens courageux. Merci pour l’article.
septembre 17, 2010 à 9:40 |
pour moi ce portrait est beau comme chaque portrait… aller vers les gens pour ce qu’ils sont, les prendre tels qu’ils sont, et en faire le portrait sans se poser d’autres questions…
j’aime beaucoup la façon dont se décrit Soraya/Marina, elle est émouvante… et belle
ce qui fait qu’on va plus vers telle ou telle personne??? le feeling???
Hélàs… "l’incident" du métro en dit plus long que bien des grands discours…
un bien joli portrait-scène de vie quotidienne
septembre 17, 2010 à 11:01 |
J’aime ton blog. Je le consulté tous les jours. Mais je me permette ce commentaire parce que je vois Soraya/Marina comme quelqu’un de normal. Je pense même que elle est une personne très courageuse, parce que elle est très authentique, parce qu’elle a pris le risque d’être elle même. Elle a quitté son pays, sa langue, les conventions sexuels. Je suis révolté contre l’idée que l’on nous dise comment il faut vivre la vie, et que l’on nous impose une idée de normalité. La seule limitation au développement personnel doit être de respecter la loi, ça devrait être notre seule point de repère. Dans les écoles on devrait étudier la constitution. Pour quoi on le fait pas?
septembre 19, 2010 à 11:10 |
Par contre j’aimerai savoir pourquoi à chaque fois que le mot "marginaux" est lâché dans un commentaire, le mot homo/gay/trans est lâché derrière ?
Je suis lesbienne et absolument pas marginale, je fais mes études, je vis chez mes parents, j’ai un job étudiant. Je sors, j’ai des amis. Comme vous tous qui êtes hétéro. Pourquoi mon orientation sexuelle me rendrait-elle marginale ?
Même le mot différent est casse-bonbon. Un homo est pas plus différent d’un hétéro que deux hétéro entre eux !
Voilà!
A part ça comme d’hab, tu as fait un article génial Marie et je ne remercierai jamais assez France 2 de m’avoir fait connaître ton blog !