Archive for décembre 2010

Laurence

décembre 30, 2010

Laurence ne croit pas aux hasards mais aux rencontres. Je ne suis pas la première à être venue spontanément lui parler. Un jour, un sdf est venu s’asseoir à côté d’elle, il était vraiment heureux parce qu’il allait faire les vendanges, ça l’a beaucoup ému et depuis, elle reste attentive aux autres et encourage la discussion par un sourire ou un regard. Pendant vingt ans elle a travaillé dans une banque, elle faisait du back office pendant la guerre du golfe et gagnait vraiment bien sa vie, et puis un jour elle en a eu ras le bol, ras le bol de se lever sans comprendre, de se coucher sans savoir. Elle a alors tout envoyé balader pour repartir à zéro. « Et alors, qu’est ce qui c’est passé ? » quand je pose mon stylo deux secondes et que écarquille les yeux c’est que la personne se livre sans que j’ai à poser de questions… « ET ALORS SEGA C’EST PLUS FORT QUE TOI ! » me dit elle en riant ! Voilà, Laurence a tout plaqué pour travailler pour un … fabriquant de jeux vidéos comme opératrice de saisie ! Elle en garde un souvenir merveilleux, souhaite à tout le monde de trouver un jour une équipe comme la sienne, qui bien qu’appartenant à une grosse entreprise, utilise le potentiel et la créativité de chacun sans distinction de grade ou de responsabilité. Laurence se fiche bien d’avoir des emplois alimentaires tant qu’ils sont riches en rencontres humaines. Aujourd’hui, elle gère des dossiers de formation pour l’artisanat français. Une fois les fonds collectés, il s’agit de distribuer l’argent destiné à la formation des futurs coiffeurs, fleuristes, bouchers, tailleuses de pierre du pays. Le combat s’annonce rude car l’état a décidé de faire une coupe drastique dans le budget des formations, dans un milieu qui souffre déjà de la concurrence des multinationales ! Sa plus grande fierté est d’avoir sans rien forcé influencé son fils à suivre son chemin. J’ai oublié de noter sa première fonction d’ingénieur en quelque chose, mais il est également reparti de rien pour faire (il me semble) de la recherche dans des projets de bio-diversité. Elle est touchée et heureuse chaque fois qu’elle le voit préparer une tisane à sa femme le soir car c’était un petit rituel qu’elle avait instauré à la maison, avant le coucher pour profiter d’un peu de calme et se dire bonne nuit. Alors avant de nous quitter, Laurence a un message: « Inutile de partir au bout du monde à la rencontre de l’autre si vous ne savez même pas qui est votre voisin de pallier ». Elle a alors un geste qui me surprend: « moi aussi je vais vous prendre en photo, comme ça mon fils saura pourquoi je suis en retard » une fois sa photo prise, Laurence me prend dans ses bras et repart en me disant « Que la force soit avec vous ! ». Merci Laurence, et courage pour votre maman qui ne se laisse pas abattre et vous demande un coup de rouge malgré la maladie !

Jason et Nelle

décembre 27, 2010

Jamais une maman ne m’aura accordé son autorisation aussi facilement et avec un aussi grand sourire: « Mais oui allez-y pas de problème » ! Au début, je souhaitais seulement parler à Jason, mais Nelle a rejoint son petit frère, les yeux grands ouverts et avec une grande envie de participer. Moins timide que lui, elle finit souvent ses phrases en le grondant tendrement « ben alors, dis le toi, parle ! ». Jason a 8 ans depuis le 20 décembre, cette année comme les autres, c’est une bonne période pour lui. Il a eu un jeu spiderman, et des rollers mais attention, pas n’importe lesquels, des rollers « in line », fini les petites roues car depuis quelques temps, Jason et ses potes sont devenus des riders de l’extrême. Sur le bitume comme sur l’asphalte de la cour de récré, Jason assure, beaucoup de « très bien », une préférence pour les mathématiques, et la passion du football. Plus tard il sera comme « Messi » et jouera pour l »équipe de Barcelone avec son pote Jilan. En attendant il va chez sa tante à Aubervillier retrouver ses cousins et cousines. Nelle, qui bout depuis dix minutes a un message pour les pauvres: « Ne perdez pas espoir, on finira bien par trouver quelque chose ! » Merci Jason, merci Nelle !

Ps: Chaque année c’est la même, les lendemains de Noël c’est la grosse déprime, je regarde mes cadeaux et ça me dépasse que tout soit fini… Pauvre de moi !

 

Marie Dinkle

décembre 23, 2010

Je m’apprête à partir chez mes grands-parents dans un petit village perdu ou ils élèvent des canards. C’est à Fontenay-Aux-Roses dans le 92, j’en ai marre que tout le monde me parle de sa cheminée en Bretagne héhé. Je n’allais pas partir rejoindre les 19 autres joyeux lurons de la famille sans vous souhaiter un joyeux Noël ! J’espère que vous ne revendrez pas vos cadeaux sur eBay, que vous laisserez tata Claude vous dire « je comprends rien à ce que tu fais » et votre nièce de 5 ans vous sortir que vous avez un gros nez. Dites vous bien que moi j’adore Noël, je suis fan. Chaque année je frôle l’arrêt cardiaque quand on ouvre les cadeaux, je colle ma grand-mère dans la cuisine et le lendemain je mange les restes au pti déj’. Voilà, joyeux Noël à tous, c’est l’occasion ou jamais de sourire dans le métro. Je vous embrasse moi du coup et on se retrouve le 25 pour un nouveau portrait !

PS : Vous avez vu ? C’est ma tête ! Je me suis prise avec mon iPhone dans le métro avec un logiciel marrant qui vieillit les photos ! J’avais bien dit que jamais, au grand jamais, je ne montrerai ma tête sur le blog ? Et ben dites-vous bien que depuis que je suis née j’avais aussi juré :

- ne jamais manger d’huîtres

- toujours voter

- ne jamais me maquiller quand je serais grande

- ne jamais boire de café/vin/alcool

- devenir écrivain

- partir en Afrique sauver le monde

- devenir aussi championne de gym…

Bref vous m’avez comprise, il faut toujours changer d’avis ! C’est MON message du jour !

Marcel

décembre 21, 2010

Quand j’explique à Marcel le projet de l’inconnu du métro, il me demande « pourquoi m’avoir choisi moi »? Comme d’habitude je ne sais pas quoi dire et balbutie quelque chose comme « et bien euuuh je vous ai vu et euuuh j’ai eu envie de savoir qui vous étiez » soit l’image parfaite de la potentielle psychopathe érotomane capable de te suivre et de faire croire à ta femme que tu l’aimes en secret. Marcel ne m’en tient pas rigueur du moment que je respecte le délai des 5 minutes top chrono car il est un peu fatigué. Marcel a 47 ans, il est responsable de l’accueil et de la sécurité d’une grosse entreprise. Sous son commandement, 25 personnes « ce qui fait 25 individualités ». En fait, Marcel est notre Jack Bauer Français, j’aimerais bien le voir désamorcer une bombe pendant que son équipe cavale contre des russes hystériques. Pour me faire revenir à la réalité, Marcel m’explique que pour ce métier il faut d’abord être patient et considérer le client comme les membres de l’équipe, il faut aussi avoir un sacré sens de la communication. Tous les soirs, après le travail, il prend le métro, toujours surpris par le nombre de personnes atypiques qu’il croise. Il observe toute cette diversité en écoutant « des classiques, ou du R’n’b ». Son trajet terminé, il retrouve sa femme et ses deux enfants âgés de 11 et 14 ans. Cette année bien sûr il fêtera Noël mais sans en faire tout un évènement, un sapin, quelques cadeaux et un bon repas. En cette période de bonnes résolutions, Marcel nous confie la sienne: « Ne jamais baisser les bras ». Merci Marcel !

Instant (un peu) volé #6

décembre 20, 2010

Ça fait un moment que j’ai envie de vous montrer cette photo. Je l’ai prise quand je travaillais au Vietnam il y a maintenant deux ans. En fait quand je la vois je me dis que l’idée de l’inconnu du métro était déjà quelque part dans ma tête. Cet homme, je lui ai trouvé quelque chose d’intemporel, il à l’air de sortir d’un magazine de mode un peu tendance et pourtant il est désuet. Ce jour là, je mourais d’envie d’en savoir plus, mais j’avais trop peur de passer pour une touriste qui fait poser les « gentils petits jaunes » pour assouvir sa soif de souvenirs (j’en ai vu beaucoup). Aujourd’hui je me rends compte que cette trouille de ne pas être légitime me travaille encore mais que j’ai réussi à aller au delà. Dommage car plus je regarde cette photo plus le personnage devient mystérieux ! Père de famille? Fils de pêcheur ? (la ville de Phan Thiet ou j’ai pris la photo est une ville côtière les trois quarts des habitants viennent des villages aux alentours). Et pourquoi ces bretelles, et que cache ce grand sourire?? C’était en tout cas la première fois que j’osais demander à un parfait inconnu si je pouvais le prendre en photo. C’est un joli souvenir, désolée que ce ne soit pas un portrait mais j’avais envie de partager ce moment avec vous ! Merci Monsieur du supermarché de Phan Thiet vous avez sans le savoir contribué à un projet qui compte beaucoup pour moi aujourd’hui !

Ps: Vous savez quoi? Marie Dinkle ou pas il y a des jours ou dans le métro tout le monde a une tête de tueur à gage !

Rémi et Cyril

décembre 17, 2010

Cyril (à gauche) et Rémi (à droite) rentrent chez eux après un dernier verre dans le quartier de Couronne. Rémi, tente de persuader Cyril de venir boire un dernier coup chez lui, à Vincennes auprès de sa femme qu’il a épousé il y a quelques mois. Cyril et Rémi sont amis depuis un peu plus de dix ans, alors forcément Cyril était là quand son pote a dit oui ! C’était un mariage pas comme les autres, Rémi et sa femme ont fait honneur à la culture Black Métal en s’unissant en noir, musique à fond, dans un restaurant… chinois ! La famille de sa femme n’a pas pu venir, ils habitent en Amérique du sud, mais la famille de Rémi, répartie entre la Pologne et l’Ile de France a fait le déplacement. Quand ils ne sont pas ensemble à faire la bringue Cyril et Rémi travaillent respectivement en tant qu’infographiste et cadre à la CAF. Curieuse d’en savoir un peu plus sur la scène métal goth je leur demande de me parler un peu de leurs influences musicales. A ma grande surprise Cyril qui ne manque pas d’humour me cite « Corbier, oui Corbier de Dorothé, maintenant c’est un mec qui chante des trucs d’extrême gauche », on est loin de pas de pitié pour les croissants… Trêves de plaisanteries, si vous voulez vous initier un peu allez donc écouter Deicide (du pur et dur) et Hubert Felix Thiefaine (du folk punk assez engagé). Je ne sais pas à quel moment on a commencé à délirer mais on a finit par improviser une mini session de karaoké allant de « pour le plaisir » au générique de « sous le soleil ». Cela dit ce n’est rien à côté d’une de leur connaissance qui, exaspérée par la réaction des gens face à son petit boeuf dans le métro a cassé sa guitare de rage ! Entre Cyril et Rémi les vannes fusent, la complicité est évidente et pour la photo, ils choisissent une « pause tendresse » que je baptise « moment nutella » ! On est vraiment aux antipodes du métalleu cliché qui vivrait dans le noir en récitant des versets sataniques devant un poster de black sabbath ! Merci Cyril, merci Rémi !

Raïssa

décembre 15, 2010

Raïssa a 11 ans et demi, 12 ans le 21 décembre, un beau cadeau de noël pour ses parents d’autant plus qu’elle est deuxième de sa classe. Les cheveux que vous voyez derrière Raïssa sont ceux de sa maman qui est trop timide pour se faire photographier, avec ses lèvres presque noires et ses cheveux ors et ébènes on dirait un personnage de conte de fées. Aujourd’hui mère et fille vont faire du shopping à Barbès, peut être vont elles acheter leurs cadeaux de noël, Raïssa aimerait bien un portable car elle n’en a pas et le « Mario Sonic aux jeux olympiques spécial DS » (une console de jeux pour les vieilles âmes qui lisent). Actuellement, Raïssa est collégienne. En classe de 5ème elle n’a pas de matière préférée mais elle aime bien les mathématiques, cette année ils ont deux professeurs (mon pire cauchemar, deuuuux profs de mathhhs!!) et en ce moment ils planchent sur les angles et les nombres relatifs (à cet énoncé mon coeur s’est emballé, le palpitant, le palpitant!!). Plus tard Raïssa se verrait bien infirmière, pas médecin parce que les études sont trop longues. Je lui suggère kiné mais l’idée de masser des inconnus n’a pas l’air de l’enchanter plus que ça. Quand elle n’est pas à l’école, Raïssa bouquine « des sagas », va sur youtube pour regarder des vidéos marrantes, écoute du rap, du R’n’b, tout ce qui bouge et qui lui donne envie de danser, et surfe un peu sur internet (dites moi, à quel point « surfer sur le net » est une expression ringarde?) Raïssa, sérieuse, se renseigne bien sur le contenu du blog et demande à voir les photos, sa maman et elle sont satisfaites, enfin surtout sa maman si fière de sa jolie fille. Merci Raïssa !

Thierry

décembre 14, 2010

J’ai rencontré Thierry à Nation, dans le couloir qui mène de la 9 à la 1. Un groupe de gamins de 11 ans à peine se bagarrait sans qu’on sache vraiment si c’était pour rire ou si ça devenait un peu sérieux. Un grand s’en prenait à un plus petit. J’ai haussé la voix leur demandant si tout allait bien, de faire attention, de ne pas se battre. Thierry est resté avec moi, il a attendu qu’ils se séparent. Autour de nous les gens passaient sans trop prêter attention. Quand Thierry était gosse, il y avait toujours un voisin, un adulte pour intervenir et éventuellement sévir. Selon lui, les enfants ne changent pas, mais les adultes aujourd’hui s’en foutent ou même pire, ils ont peur de leurs enfants. C’est quand il n’ y a plus de lien social que la violence s’installe: « les gens restent devant leur télé et croient tout savoir, mais c’est dans la rue que la réalité s’impose, ici même, pas chez soi ». Alors en rentrant du boulot, au lieu de s’installer confortablement dans un fauteuil et de s’emparer de la télécommande, Thierry marche dans la rue, se promène, s’arrête dès que quelque chose l’intrigue, et réfléchit. Là par exemple, il va à Charles de Gaulle Etoile mais il sait qu’il peut très bien changer de destination à tout moment. Il aime beaucoup observer la rue et ses artistes « certains ont énormément de talent mais malheureusement peu de gens prennent le temps de s’arrêter un instant et de les écouter. » Il est toujours révolté quand un artiste de rue se fait arrêter par la police « parce qu’enfin il ne mendie pas, il travaille, il se livre, c’est courageux et difficile ! ». Thierry n’est pas solitaire il a même été marié pendant 12 ans (je crois, j’ai la fâcheuse habitude d’arrêter d’écrire dans mon carnet quand les gens me parlent de leur vie affective ou privée, je crois que je ne veux pas donner l’impression que j’ai besoin de ces infos uniquement pour un article). Seulement selon lui, pour qu’une relation dure longtemps, très longtemps, il faut bien plus qu’une simple envie d’être ensemble. Quand il était jeune, Thierry voulait devenir photographe de mode, il a même fait partie de l’équipe d’un photographe assez connu « De Greef » (j’ai perdu le prénom, parrrrdonnnn), mais le nombre d’échelon à gravir quand on a ni carnet d’adresse, ni l’envie de lécher des bottes pour réussir l’a un peu découragé. Aujourd’hui, après avoir été géomètre, il exerce le métier de dessinateur dans un bureau d’étude. Il trace, dessine, analyse des plans de rues, trottoirs, réseau, un métier très technique, mais aussi finalement proche de l’architecture urbaine. Quand au métro, c’est son moyen de transport préféré, aucune contrainte matérielle, si ce n’est une carte d’abonnement et écologique. Lui qui déteste être chargé ne sort sa moto que très rarement parce que franchement: « j’ai l’air de quoi déguisé en rambo ? » Merci Thierry !

Ludovic and team !

décembre 10, 2010

Avant de retourner à la normale et de retrouver nos inconnus du métro, je persiste et signe pour vous raconter le vernissage de l’exposition Bulgari à ma façon !

Hier soir donc j’ai monté les escaliers du grand palais en priant très fort pour ne pas faire un salto arrière vrillé sur la dernière marche. Je m’étais déguisée en femme de pouvoir ce qui par les temps qui courent revient à risquer une ITT de 4 semaines. Ce n’est pas la première fois que je vais au grand palais, à vrai dire, j’y vais depuis mon plus jeune âge, d’abord emmenée de force par mes parents puis, avec plaisir, une fois mon cerveau un peu mieux formé. Pour l’occasion la grande nef était encerclée par la reconstitution d’un diamant noir géant, j’espère qu’il y aura des photographes plus doués que moi pour que je vous montre un peu ce que ça donnait ! J’étais impressionnée par tout ce monde qui se pressait autour du buffet des vitrines et je n’osais pas vraiment poser des questions à tout ces gens en fourrure. Non que je sois membre de PETA ou de la SPA mais avec ma copine on ne pouvait pas s’empêcher de pousser des petits miaulements de chats ou de mimer l’oppossum mort. Je crois qu’on est passé pas loin de l’expulsion.

Ne me demandez pas comment je me suis retrouvée en coulisse. Ne me demandez pas comment j’ai réussi à convaincre le big boss du buffet à poser quelques questions dans sa fourmilière, il a interpellé Ludovic, lui a dit « Dit donc toi qui a un QI assez exceptionnel, si tu as 5 minutes tu peux parler à la jeune fille? » (vous avez bien entendu, jeune fille). Et c’est ainsi que j’ai rencontré Ludovic qui est un peu chef de rang si j’ai bien compris. Je vais vous dire la vérité j’ai perdu toutes mes notes c’est la première fois que ça m’arrive, tout ça au nom de la coquetterie, je ne voulais pas me balader avec mon 4 couleurs et mon Clairefontaine parmis les grands de ce monde. Ludovic travaille depuis huit ans au service d’une société privée qui organise les buffets des plus grands évènements. Fort de son expérience et de son calme olympien il dirige comme un chef d’orchestre le ballet des hommes en noirs. Attentif, sérieux, il répond à mes questions sans jamais lâcher son équipe du regard. L’avantage de son métier me dit il c’est qu’il lui permet de découvrir des lieux de prestiges, insolites, souvent très beau. L’inconvénient, ce sont les horaires, à 36 ans, il est papa de trois enfants et ce soir comme trop souvent, il ne les bordera pas avant de leur souhaiter bonne nuit. Plus tard, il ne souhaite pas que ses enfants embrassent la même carrière même si, il le sait, ils feront ce qu’ils voudront. En arrière plan je vois ma pote absolument à l’aise tester en avant première les marrons glacés. Je repense au fou rire qu’on a eu à l’entrée quand on nous a proposé des « chips aux betteraves farcies de truffes » et je demande l’autorisation de prendre une photo des cuisiniers. Ludovic me laisse faire et me rappelle que la seule règle pour faire carrière c’est de faire preuve de « savoir vivre » comme de « savoir faire ». Nous n’avons pas du tout parlé de l’exposition, mais Ludovic connaît Bulgari car « Madame aimerait beaucoup, beaucoup que je rentre un soir avec une bague ». Je lui suggère un hold up, regardez sa tête sur la photo et vous aurez la réponse ! Merci Ludovic !

Clara pour Bvlgari

décembre 8, 2010

Clara me prévient tout de suite, elle n’est « pas très bijoux », comme je suis têtue et qu’elle est adorable, elle me suit, change de quai et m’accorde au moins vingt minutes de son précieux temps. A 22 ans, Clara, étudiante en  architecture d’intérieur, rejoint une amie qui travaille dans la mode à Strasbourg St Denis. Passionnée d’art depuis son plus jeune âge elle ne se voit pas ailleurs que dans un métier créatif ou la beauté tutoie le quotidien. En revanche les bijoux, les parures, Clara (comme moi) pense que c’est une affaire de maturité, rare sont les jeunes femmes de 22 ans qui coordonnent collier, bracelet et boucles d’oreilles. Clara a vécu en Guadeloupe pendant 6 ans. Là-bas, hommes et femmes portent beaucoup d’or pour mettre en valeur la couleur de leur peau, mais aussi par tradition. Clara doit certainement se souvenir du tintement des joncs et des gourmettes, aux motifs de graines de café. Bébé, elle s’est fait percer les oreilles et figurez vous qu’elle a gardé ses premières boucles jusqu’à l’âge de 15 ans ! Un jour sa mère lui offrira une bague ramenée d’Égypte en diamant noir et blanc. Ce jour là, elle sera sans doute une femme accomplie et sa mère la regardera autrement. En attendant, c’est son frère qui lui offre des petits cadeaux au gré de ses voyages, comme ce collier qu’il a trouvé à New York du créateur  Thomas Sabo. En voyant les photos, Clara est surprise, c’est la première fois qu’elle se voit en blonde. Moi je l’avais justement repéré à sa chevelure, je n’avais pas mes lunettes, j’étais donc incapable de savoir à quoi elle ressemblait, mais cette allure un peu nonchalante et rêveuse je l’ai ressenti de l’autre bout du quai ! Merci Clara !

Ps: Un jour il faudra que je vous raconte à quel point je passe pour une folle dans le métro. Quand je ne fonce pas sur les gens d’un pas décidé dans la rame ou que je reste debout alors qu’il y a 10 places libres je tourne autour de mes proies sur le quai… Bref !

Ps2: Refffuuuuuuuus du jooouuuuur ! « Excusez moi je suis très haut placé au ministère de la justice, je ne peux pas me permettre ce genre d’exposition médiatique, je suis quelqu’un d’important » Ah ben ça tombe bien moi je suis plutôt « bas placé » au ministère de la justice héhé !!


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