Archive for mai 2010

Alistair

mai 17, 2010

C’est grâce à Alistair que les sujets de la Reine sont en sécurité: il travaille en tant que statisticien au ministère de la défense. Alistair n’est pas de Londres, c’est un banlieusard. Aujourd’hui il rentre chez lui retrouver sa fiancée qu’il épousera dans 3 mois. Je lui demande s’il sera en kilt et il me regarde comme si je venais de Mars (moi et mes fichus clichés…). Alistair est doué avec les chiffres mais pas avec les humains. Quand je lui demande s’il a une anecdote à me raconter sur le métro de Londres, Alistair est hilare, il me dit que ma question est incongrue, que le métro est l’endroit du vide et du néant. Il y a alors un bruit pas possible dans la rame et voila la suite de la conversation: « CCrrrrrchhhh rrrriiiiiii DADAISME pprrrrr RRRRiiiii ABSURD LIMIT OF HUMANITY rrrr crrrRRcchhhh » Je hoche bien la tête hypnotisée par le débit et les grands gestes d’Alistair d’apparence si réservée! D’ailleurs si quelqu’un comprend le message d’Alistair qu’il me le fasse savoir: « Life is to short for blocks » (a t-il dit bollocks???) Merci Alistair!

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Sebastian

mai 14, 2010

Sebastian part a Londres pour 5 jours, il va rejoindre son cousin la bas. Il vient de faire le tour de Paris en solitaire et en 10h00. « All the classics » m’a t-il dit. Sebastian a 33 ans, il est Suedois et travaille comme « account manager » dans l’industrie informatique. Il est un peu decu par l’Eurostar, ce train pourtant assez recent, ne fait pas le poids avec les trains suedois renoves il y a bien plus longtemps. Et pourtant l’Eurostar joue sur son prestige! Quand j’ai aborde Sebastian il ecoutait « Maximo Park » que j’adore, j’ecoutais ca quand j’etais etudiante (oui vous avez bien compris je lui raconte carrement ma vie et il est tres patient). Sebastian est toujours content, c’est sa principale qualite. Par contre en bon nordique, il a besoin de solitude et d’espace. Il me confie que les latins, ont du mal a comprendre. De la part d’une fille qui parle aux gens dans le metro je ne peux qu’acquiescer! Sebastian nous conseille de nous amuser autant que nous pouvons, il a cette phrase tres drole: « Tant qu’on est jeune on se plaint de ne pas avoir d’argent et quelques annees plus tard, on a l’argent mais pas le temps » Merci Sebastian!

Ps: J’ecris sur un clavier anglais, je ne trouve ni les accents ni les cedilles c’est tres bizarre. Aujourd’hui a la tate modern gallery j’ai participe a un concours de bonnes idees. il y avait un jury qui hurlait dans un mirco GOOD IDEA ou BAAAAD IDEA. Je suis la bonne idee nr 27 et j’ai gagne un prix a une tombola. Merci pour vos bons plans et bon week end! See you on monday with shooting from the tube!!

Benoîte

mai 13, 2010

J’ai un peu hésité avant de publier ce portrait car Benoîte n’est pas totalement une inconnue, mais nous serions tous passés à côté d’un sacré personnage alors ne nous aliénons pas à des règles stupides et allons-y gaiement. J’ai accepté de donner une interview à la radio du Celsa cette grande école de la communication. Je l’ai fait par pure vengeance, ils m’ont recalée 2 fois au concours de com’ externe alors une invitation c’était l’occasion de revenir sur les lieux du crime. Benoîte a une voix sublime, un peu rauque, un peu éraillée, parfaite pour la radio. Dès qu’elle parle on sent qu’il se passe quelque chose de fort, et de pro. En sortant, on prend le métro avec sa bande et comme elles veulent me voir à l’ouvrage Benoîte se dévoue. A 21 ans, elle est 1ère année de journalisme. Elle aimerait s’orienter vers le journalisme culturel et partir travailler en Angleterre. En attendant elle se cogne plus de 2h00 de transport par jour ce qui la rend parfois assez malheureuse. Un jour dans le métro un homme mangeait son kebab si salement qu’elle s’est permise un petit soupir, l’homme lui a hurlé dessus pendant 5 minutes. Je ne sais pas comment fait Benoîte mais tout ce qu’elle dit est drôle, sont-ce ses intonations ou son visage mais c’est communicatif. Dans la vie, Benoîte imite parfaitement l’accent picard et se trouve plutôt sociale. Par contre elle chante très faux mais beaucoup (confirmation consternée de la bande de copines). Elle voudrait dire à tous ceux qui se destinent à être journaliste de se donner tous les moyens d’y parvenir et de foncer car c’est vraiment passionnant! Lors de la photo,  ma grande surprise, Benoîte préfère sa pose « Marie Dinkle me colle la frousse » à celle « regardez comme je vais bien dans le métro ». I love Benoîte, merci Benoîte!

Ps: Je pars à Londres, l’occasion de faire la fête comme jamais  faire des portraits dans le métro de la reine! Si vous avez des bons plans Londoniens (galleries, cafés, SHOPPING) dites moi! Du coup le portrait de demain dépendra de ma réussite! (Hi Mate, fancy a portrait?) N’importe quoi! Bon jeudi ferié!

Saroun

mai 12, 2010

Saroun est perdu devant le panneau de direction du RER A. Il veut aller à « Rrrha Défoonce » mais part bien pour Boissy St Léger! Quand je lui demande s’il accepte que je fasse son portrait, non seulement Saroun accepte, mais en plus il me remercie sincèrement. Saroun est un moine bouddhiste cambodgien. Il a 35 ans et habite dans un temple avec 10 autres moines dans la campagne de Phnom Penh. Il est à Paris pour 2 mois, non pas pour méditer mais juste pour visiter. Il dort dans un temple à Bagneux. Saroun veut visiter Paris seul, pour observer sans commenter. Il trouve notre ville très belle mais les transports en commun l’épuisent. Nous échangeons quelques mots en vietnamien que je massacre allègrement et qu’il parle couramment. J’ai dû dire un truc qu’il ne fallait pas à un moment parce qu’il a fait « ohhh no!! » en éclatant de rire alors que j’avais dit: je rentre à la maison! Saroun me remercie encore une fois et me fait le salut bouddhiste, c’est un peu niais mais je suis assez impressionnée et émue! Merci Saroun!

Ps: Clap de fin pour l’anonymat de Marie Dinkle qui en plus de bassiner tous le monde avec son « restons heureux restons planqués » parle d’elle à la 3ème personne (que fait la police). Je dois passer au 13h00 aujourd’hui, demain ou vendredi (je sais c’est d’une précision folle). Ne faites pas comme ma pauvre grand mère qui se tape le 13h00 de france 2 depuis 1 semaine, il y aura bien un lien internet quelconque. En fait il était prévu qu’ils me filment de dos ou qu’ils floutent mon visage mais le résultat faisait vraiment étrange, comme si je témoignais d’une expérience horrible et traumatisante alors bon je vais devoir assumer maintenant!

Ludivine

mai 11, 2010

Ludivine est étudiante en 3ème année de philosophie à la Sorbonne. Juste avant que je lui parle, elle pensait à son exposé de demain qu’elle n’a pas vraiment préparé et qu’elle va devoir travailler dans l’urgence. Quand elle ne procrastine pas (héhé) Ludivine danse. Je lui parle de ses lunettes, elle est bien contente que ce soit la mode de ressembler à Derrick parce que myope comme elle est plus elle a de largeur de verre, mieux elle voit. Ludivine me raconte quelques anecdotes bien flippantes sur le métro: un jour, elle a vu un homme sous un drap blanc allongé sur un banc, impossible de savoir s’il était mort car une femme lui parlait. Moi j’aurais pris la fuite soulevé le drap bien entendu! Cela dit elle aime toutes ces rencontres impromptues que l’on peut faire dans les trains. Comme la nôtre Ludivine? Elle m’offre alors une des analyses les plus justes qu’on m’ait faite jusqu’à présent: « c’est amusant, original un peu bizarre aussi, mais si le but est de parler aux gens, alors c’est un peu triste de devoir faire un blog pour en arriver là ». Ludivine me laisse face à mes contradictions, drôle comme une conversation a priori légère peut soudainement prendre beaucoup de sens! Alors merci Ludivine!

Ps: Le reeeeefuuuus du jour! « Non franchement j’aimerais bien le faire hein, mais ma femme pense que je suis en province alors… »

Enzo

mai 10, 2010

« Le chauffeur freine de manière brusque », « Qu’est ce que c’est effrayant d’être égaré! ». Voilà le genre de vocabulaire qu’emploie Enzo, 5 ans et demi, pour me décrire le monde qui l’entoure. Je rencontre Enzo sur le quai du métro 2 à Marseille. J’ai voulu aider sa maman à descendre les escaliers avec la poussette et avec mon adresse légendaire j’ai failli commettre un infanticide. La maman d’Enzo m’appelle « ma chérie », me dit que je suis vraiment jolie, que ça se voit que je suis parisienne, me demande si je n’ai pas trop froid là bas et me dit de venir chez elle quand je descends à Marseille! Pendant ce temps Enzo parle sans arrêt. Plus tard il sera chauffeur de train mais attention, de TGV! Son endroit préféré à Marseille est Paris et la Bretagne (et le prix de la réponse décalée revient à…). Il sait bien que l’OM est champion de France mais il n’a pas pu regarder le match parce qu’on lui a clairement demandé d’aller se coucher. Enzo est très inquiet à l’idée de descendre à la mauvaise station et de rater son train « tu comprends, j’en ai raté tellement dans ma vie! ». Autour de nous, de vieilles dames écoutent avec hilarité son discours et commencent à engager la conversation entre elles. Une femme cependant me prend pour une assistante sociale et demande à la maman si elle maltraite son petit! Imperturbable Enzo enchaîne sur son animal préféré, la tortue, et ceux qui lui font peur, l’ours blanc et le loup blanc de la neige. Persuadé d’être perdu et angoissé à l’idée de rater son train il se met à pleurer! Pour faire diversion, je lui demande de me dire ce qu’il a fait aujourd’hui « j’étais avec ma grand mère et toutes ses copines ». Ca va mieux, je lui montre le plan et lui explique qu’on est bientôt arrivés. Alors Enzo tente le coup: « tu veux bien m’acheter une voiture? » Merci Enzo!

Marseille

mai 7, 2010

 Bon une fois n’est pas coutume je publie un petit article sur mes impressions marseillaises avant le week-end. Comme vous avez pu constater, je me suis couchée trop tard et levée trop tôt. J’ai donc été bien malade dans le train (est ce nécessaire de m’étaler?). J’étais invitée à participer au forum Marseille 2.0 “Culture des réseaux sociaux et réseaux sociaux pour la culture”. J’intervenais dans la rubrique “De l’art numérique aux oeuvres open sources”. La conférence s’est très bien passée, je suis sûre d’avoir fait des blagues nulles, j’avais un peu envie de m’enfoncer sous terre face à tous ces gens passionnants mais bon, ça a été, j’ai réussi à placer que l’OM avait gagné en plus!

Mes graaaandes conclusions hautement intellectuelles du jour:
– On ne fait pas 3h00 de train pour voir le vieux port moins d’une heure, c’est cruel, c’est frustrant, ça donne envie de sécher et de s’enfuire dans un bateau.

– Quand on arrive en retard à une conférence on a l’air d’une banane.

– J’ai tenu un Ipad dans les mains, je l’ai lâché vite parce que j’avais tendance à vouloir le secouer comme un Kinder Surprise. 

– J’ai rencontré et surtout écouté des gens fantastiques, passionnés, je m’attendais à une moyenne d’âge très jeune et j’étais quasiment un bébé. Parmi mes co-intervenants, il y avait Eric Vinnot, le créateur du jeu “In Mémoriam”, Stéphane Dangel auteur de Story Telling, et surtout Roger Malina qui tente de faire travailler ensemble des scientifiques et des artistes grâce aux nouvelles technologies, je me sentais un peu petite hein… En plus M. Français, l’organisateur m’a appellé la “cerise sur le gâteau” et du coup, j’imaginais les gens une cuillère à la main.

– Les gens “twittent” pendant qu’on parle, j’avais bien envie de coller des mauvais points pour prendre ma revanche sur l’éducation nationale “On ne twitte pas pendant une conférence”.

– J’ai mangé un long couteau pour la première fois de ma vie.

 

Sinon ce qui nous intéresse le plus ici: LE METRO MARSEILLAIS! Et bien mes amis, la suite lundi, mais je peux vous promettre que moi qui voulais éviter le cliché “Au sud les gens sont plus chaleureux” je n’ai rien pu faire! Incroyable comme quasi tout un pan de rame s’est mis à parler, ça a même failli partir en engueulade! J’aurais pu en faire plus mais figurez vous que j’ai passé ma seule demie heure de liberté à chercher un point de vente de bière “La Cagole” Oui oui c’est honteux! Bon week end! Merci Marseille!

 

Nino

mai 6, 2010

Je rentre de la Bellevilloise et je cours pour attraper le dernier RER (amis banlieusards bonsoir). Il s’appelle Nino, je ne sais pas quel âge il a. Il est musicien de Tango. Il descend à Alexandre Dumas, on a moins d’une minute pour parler. Je sais! Mais il s’appelle Nino et il est musicien de Tango. Et il nous conseille de lire « Cet enfant » de Joel Pommerat. Et en moins d’une minute il réussit quand même à me dire: « prends ton temps, t’inquiètes pas, ça va être chouette ». Merci Nino! (vraiment merci.)

Ps: C’est trop cout, beaucoup trop court, mais ça en valait vraiment la peine, la prochaine fois je fais mon portrait en sautant sur un pied histoire de rigoler un coup. Demain, je suis à Marseille pour une conférence, je dois parler et je ne sais pas quoi dire, je dois expliquer ce que je fais et je n’y arrive pas encore vraiment. Je veux bien rester avec Nino plutôt parce que j’ai la trouille qu’il est tard et que demain je vais tant souffrir dans le train! Bonne nuit!

Ebeny

mai 6, 2010

Aujourd’hui, M. Ebeny part à la recherche d’un fauteuil de massage. Accompagné de sa soeur, il tente de la convaincre de le laisser répondre à mes questions malgré la présence de caméras. Ebeny me raconte son histoire; il n’était qu’un enfant lorsque sa main à été détruite dans un accident. Il fait partie des « évacués sanitaires », il est venu en France pour bénéficier d’une opération chirurgicale. Quand on regarde bien, on aperçoit en effet les prothèses qui remplacent ses doigts. Aujourd’hui, Ebeny a 63 ans, il est ingénieur en génie civil, c’est lui qui commande! Il trouve les gens dans le métro un peu froids. Il a étudié 5 ans au Canada, là-bas, me dit il, les gens sont plus ouverts, plus tolérants. Il aime cependant toutes les rencontres impromptues que l’on peut faire dans les transports en commun, notre discussion illustre bien ces courts moments de partage que l’on peut avoir si on s’en donne la peine. Ebeny croit en l’amour universel. La clef d’un monde meilleur, nous dit il c’est l’amour qui nous lie les uns aux autres. Amen et merci Ebeny!

Mauricette

mai 5, 2010

Aujourd’hui la configuration est particulière, je suis suivie par deux journalistes de france 2. Un cameraman et un réalisateur. Leur matériel est imposant, difficile de faire comme s’ils n’étaient pas là… Je repère Mauricette de dos et mon instinct me dit que je vais tomber nez à nez avec la meneuse de revue de la bande dessinée Lucky Luke! Gagné! Mauricette est une femme élégante, elle me confie le nom de son parfum « Paloma Picasso » et s’étonne que je puisse le sentir. A un peu plus de 30 ans, Mauricette admet qu’elle pourrait être ma grand-mère. La photo ne la dérange pas du tout et pour cause, son mari, aujourd’hui décédé adorait ça, elle était sa muse en quelque sorte, alors ma démarche lui rappelle des bons souvenirs. Et puis Mauricette vient du sud, où les gens se parlent beaucoup plus facilement me dit elle. Ici elle aimerait bien parler aux gens mais que dire, et comment faire? Aujourd’hui elle retrouve ses copines, pour une ballade complice dans Paris. Ce sont des amies de longue date, retraitées comme elle. Les voir lui remonte le moral, lui fait oublier ses soucis. Ca et les mots-croisés qu’elle adore (mais comment fait elle?  personnellement c’est l’encéphalogramme plat dès que j’aperçois une grille!). Par contre elle est absolument nulle en couture (dois-je raconter une autre anecdote des déboires de ma mère?). Avant elle était secrétaire dans l’électro-ménager. Les actualités la scandalisent, alors elle aimerait bien lire les explications de Jérôme Kerviel parce que franchement elle a du mal à y voir clair dans cette histoire. Pendant que je la photographie, Mauricette se prête volontiers aux questions des deux journalistes et me couvre d’éloges. Mauricette vous pouvez être ma grand-mère de train!. Merci Mauricette!


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